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COVID-19 : La course au vaccin

 

Un an jour pour jour après l’annonce du premier cas confirmé de COVID-19 au Canada, le Dr John Whyte, médecin-chef de WebMD, et le Dr Howard Ovens, urgentologue et responsable de la stratégie médicale du Système de santé Sinaï, participent à notre table ronde sur la distribution des vaccins et la difficile lutte contre la deuxième vague que nous connaissons actuellement.

Le Dr Whyte souligne que, compte tenu de l’extrême contagiosité des variants du virus qui se répandent actuellement dans la population, on assiste à une course effrénée pour vacciner le plus de gens possible le plus rapidement possible.

« Certaines données préliminaires indiquent que les nouveaux variants pourraient être plus mortels et c’est la raison pour laquelle il faut faire passer la vaccination à la vitesse supérieure », indique le Dr Whyte. « Nous avons fait d’énormes progrès dans la mise au point de vaccins, mais la distribution ne suit pas. »

La situation en chiffres

Environ 25 millions de cas ont été diagnostiqués aux États-Unis, mais le Dr Whyte estime que ce chiffre est probablement plus proche de 50 ou de 70 millions si l’on tient compte de tous les gens qui ont contracté la COVID-19, mais qui ne se sont jamais fait tester. Le nombre des décès s’élève à environ 420 000, la plupart étant survenus au cours des derniers mois.

Au Canada, quelque 750 000 cas de COVID-19 ont été recensés au cours de la dernière année, indique le Dr Ovens, et 19 000 personnes en sont mortes. S’il s’en tire mieux que de nombreux pays, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, le Canada continue de faire moins bien que d’autres pays comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie.

En ce qui concerne les vaccins, le Dr Whyte souligne que 41 millions de doses ont été distribuées à travers les États-Unis, mais que 21 millions seulement ont été administrées.

« Pour présenter les choses autrement, environ 5,6 % de la population a reçu une dose », indique-t-il. « Moins de 1 % ont reçu deux doses. Or, il faut attendre environ une semaine après la deuxième dose pour obtenir une pleine protection; il reste donc encore du chemin à faire ».

Au Canada, environ 800 000 des 1,1 million de doses disponibles ont été administrées.

Atteinte de l’immunité collective

Le Dr Whyte explique les conditions à remplir pour parvenir à l’immunité collective aux États-Unis, ce qui correspond à environ 75 % à 80 % de la population. Le vaccin de Pfizer BioNTech s’adresse aux personnes de 16 ans et plus et celui de Moderna peut être administré aux adultes de 18 ans et plus.

« On parle d’environ 230 millions de personnes », explique-t-il. « En ce moment, nous ne disposons que de vaccins à deux doses. C’est donc de 460 millions de doses que nous avons besoin ici aux États-Unis. Et, même si on vise 75 % de cette population, il va tout de même nous falloir environ 345 millions de doses. »

Le Dr Whyte souligne que l’un des premiers engagements pris par le président Biden à la suite de son assermentation a été de vacciner 100 millions d’Américains au cours des 100 premiers jours de son mandat. On vaccine certes un peu plus d’un million de personnes par jour en ce moment; toutefois, à ce rythme, il faudra selon lui un an pour parvenir à l’immunité collective.

« Nous avons vraiment besoin d’une stratégie pour passer à la vitesse supérieure. Je pense honnêtement que nous devons être capables d’administrer environ 2 millions de doses par jour si nous voulons y arriver d’ici l’été. »

Pfizer, Moderna, Johnson & Johnson

La campagne de vaccination pourrait s’accélérer au cours des prochains mois aux États-Unis.

Pfizer et Moderna ont annoncé qu’à elles deux, elles seraient en mesure de livrer 200 millions de doses supplémentaires d’ici la fin du mois de mars, et 200 millions de plus à la fin du mois de juin. 

« Je vous le dis clairement, c’est si tout se passe bien », prévient le Dr Whyte. « Comme vous le savez, il peut toujours y avoir des problèmes d’approvisionnement. »

L’autre bonne nouvelle, c’est que Johnson & Johnson devrait soumettre en février une demande d’autorisation d’utilisation d’urgence pour un vaccin qui pourrait ne nécessiter qu’une dose, plutôt que deux. La société travaille en outre à la production de 100 millions de doses qui pourraient être prêtes à être administrées dans les prochains mois.

Messages de santé publique et l’administration Biden

La principale difficulté, explique le Dr Whyte, consiste à faire en sorte que le vaccin « se rende dans les bras des gens ».

Cela devra passer par des messages de santé publique et par une collaboration entre le gouvernement et d’autres agences fédérales, ce que le Dr Whyte juge possible avec l’arrivée de la nouvelle administration.

« Je pense que la question des messages de santé publique est essentielle. Et c’est un des obstacles auxquels nous nous sommes heurtés jusqu’ici », explique-t-il.

Il souligne qu’il n’est pas nécessaire que les politiciens donnent aux gens des conseils sur la science et que les Américains « commencent à voir une cohérence beaucoup plus forte dans les messages qui leur sont envoyés sur ce qui doit être fait pour renouer avec la normalité ou parvenir à une nouvelle normalité. »

Vaccins et confinement

« Le 25 janvier 2020, le Canada enregistrait son premier cas confirmé de ce qui allait par la suite être connu sous le nom de COVID-19 », explique le Dr Ovens, « et nous ne savions vraiment pas alors ce qui nous attendait ».

Il souligne que les vaccins contribueront certes à enrayer la pandémie, mais qu’ils ne nous aideront pas à sortir de la deuxième vague en cours. « Sauf pour les personnes âgées vulnérables vivant dans des centres de soins de longue durée, dont la vaccination pourrait sauver la vie, c’est un peu illusoire, parce que la vaccination ne nous aidera pas à sortir de cette deuxième vague. »

L’expérience mondiale démontre que seul un confinement strict peut nous aider à infléchir la croissance de la pandémie en cas de transmission communautaire généralisée comme celle à laquelle nous sommes confrontés en ce moment, poursuit le Dr Ovens.

« Les provinces de l’Atlantique s’en sortent bien. Elles ont maintenu les restrictions de voyage en place et, sur le plan économique, elles s’en sortent également très bien, alors que les six autres provinces plus peuplées connaissent une importante deuxième vague ».

C’est d’autant plus frustrant qu’il existe maintenant des vaccins et qu’on sait quoi faire pour enrayer la propagation du virus, indique-t-il. « Tous les décès et les états graves qui se produisent en ce moment sont véritablement des tragédies évitables ».

La clé : les restrictions de voyage

Le Dr Ovens partage les inquiétudes du Dr Whyte au sujet du nouveau variant britannique du virus, à l’origine d’une grave éclosion dans un établissement de soins de longue durée dans la ville canadienne de Barrie.

De plus en plus d’experts estiment qu’il faut diminuer les voyages intérieurs et internationaux, poursuit-il.

« Je dirais que la principale question à se poser aujourd’hui au Canada est de savoir s’il y a un consensus social et suffisamment de courage politique pour continuer à appliquer les restrictions sanitaires jusqu’à ce que le nombre de nouveaux cas ait suffisamment diminué », explique le Dr Ovens.

Il y a toutefois des raisons d’espérer, poursuit-il. La réaction à la pandémie est un véritable exploit scientifique. « On a fait des progrès véritablement fantastiques dans les domaines des tests, du séquençage génomique, de la vaccination et des traitements », estime-t-il. « Et je pense que le retour des États-Unis dans l’Organisation mondiale de la santé et leur adhésion au groupe COVAX de soutien aux pays en développement qui ont besoin d’aide pour obtenir des vaccins constituent des développements très importants qui vont nous aider à reprendre le contrôle de la situation et à sortir de la pandémie. »

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