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COVID-19 : Où nous nous trouvons et ce qui nous attend

 

BMO a tenu une table ronde sur la COVID-19 avec des experts internes et externes pour discuter des répercussions sur la santé, les marchés et la macroéconomie, de la situation actuelle, d’un éventuel retour à une nouvelle normalité, et de ce qui nous attend. La discussion était animée par Brian Belski, stratège en chef des investissements, et a bénéficié des commentaires médicaux du Dr John Whyte, médecin-chef de WebMD, et de la Dre Allison McGeer, clinicienne-chercheuse principale de l’institut de recherche Lunenfeld-Tanenbaum de l’hôpital Mount Sinai. Des experts de BMO, Michael Gregory, économiste en chef délégué, et Margaret Kerins, chef du groupe Stratégie macroéconomique, Titres à revenu fixe, devises et produits de base, ont abordé les perspectives économiques et celles des marchés des titres à revenu fixe et des actions au Canada et aux États-Unis.


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* Disponible en anglais seulement


La donne est changée

Au début de la conférence téléphonique, nos experts médicaux invités ont salué la mise au point et le déploiement de vaccins dans un délai record à l’échelle mondiale, offrant une lumière au bout du tunnel après presque 10 mois de pandémie, au Canada et aux États-Unis.

La FDA des États-Unis a autorisé le vaccin BioNTech de Pfizer vendredi, le déclarant efficace à 95 % et sécuritaire. Le Canada, le Royaume-Uni et certains pays du Moyen-Orient l’avaient déjà autorisé, mais les premières doses ont été administrées lundi tant aux États-Unis qu’au Canada.

« Ce vaccin vient changer la donne dans notre effort pour écraser la COVID-19 », a déclaré le Dr John Whyte lors de la conférence téléphonique, alors que les autorités commencent la vaccination des deux côtés de la frontière. « Il faudra plusieurs mois encore avant d’observer l’effet d’une immunisation à grande échelle, mais il y a de la lumière au bout du tunnel. »

Distribution des vaccins

À l’heure actuelle, on compte 2,9 millions de doses de vaccin aux États-Unis, avec 25 millions de doses prévues d’ici la fin de décembre, et 100 millions d’ici mars ou avril. Comme il s’agit d’un vaccin à deux doses, cela signifie que 50 millions de personnes devraient être vaccinées d’ici là.

Le Canada aura reçu 294 000 doses d’ici la fin décembre, indique la Dre Allison McGeer, soit environ le même nombre de doses par habitant qu’aux États-Unis. Les autorités sanitaires canadiennes s’attendent à recevoir quelque 6,4 millions de doses de vaccin d’ici la fin mars, soit suffisamment pour vacciner le premier groupe prioritaire du pays.

Aux États-Unis, les CDC (Centers for Disease Control and Prevention) ont recommandé que les employés des établissements de soins de longue durée soient les premiers à être vaccinés; cependant, la décision ultime revient aux États et aux autorités locales. Au Canada, la priorité varie selon la province – en Ontario, les employés et résidents des établissements de soins de longue durée arrivent en tête de liste, tandis qu’en Alberta, il s’agit du personnel en milieu de soins de courte durée.

Bien que le vaccin BioNTech de Pfizer ait fait les manchettes, le Dr Whyte explique que, plus tard cette semaine, la FDA statuera sur le vaccin Moderna à des fins d’utilisation d’urgence. 

Le tunnel avant la lumière

Les experts médicaux ont toutefois prévenu que le déploiement d’un vaccin ne marque pas la fin de la lutte contre la COVID-19, soulignant que la période des Fêtes sera critique pour maîtriser la propagation du virus.

« Je veux prendre une minute pour parler du tunnel avant d’arriver à la lumière », dit la Dre McGeer, grande spécialiste canadienne des maladies infectieuses. « Il faut être très vigilants pendant les trois prochains mois et ne pas s’emballer à propos du vaccin au point de perdre le contrôle de la pandémie entre-temps ».

« Nous vivons tous dans la crainte qu’au cours de la période des Fêtes, les gens ne supportent plus la distanciation physique, et que nous assistions par la suite à une remontée du nombre de cas », au moment même où la vaccination commence.

L’ÉCONOMIE – Hiver difficile

Michael Gregory, économiste en chef délégué de BMO Marchés de capitaux, affirme que les perspectives économiques s’améliorent avec l’évolution des vaccins, mais comme les restrictions continuent de suivre la hausse des infections au Canada et aux États-Unis, la croissance économique continuera de s’en ressentir.

« C’est une bonne nouvelle : nous avons mis au point et distribué un vaccin beaucoup plus rapidement qu’on ne pouvait s’y attendre il y a plusieurs mois. Je crois que, pour la plupart des gens, les perspectives économiques des deux côtés de la frontière s’améliorent pour la deuxième moitié de l’année prochaine et pour 2022, dit-il. Malheureusement, nous devons traverser une longue période d’ici là, et nous en sommes avec des taux d’infection en hausse, ce qui incite les provinces et les États à accroître leurs restrictions. »

M. Gregory indique que les politiques gouvernementales seront cruciales pour que les économies canadienne et américaine surmontent ce qu’il appelle l’hiver difficile de la COVID-19, pour s’assurer d’avoir le soutien voulu dans les prochains mois pendant qu’on vaccine graduellement la population des deux pays. Il souligne avec optimisme que Washington a adopté un projet de loi bipartite de 908 milliards de dollars qui pourrait étendre le soutien dans des secteurs comme l’assurance-emploi, et prolonger le moratoire sur les évictions et la tolérance pour les prêts étudiants et hypothécaires.

« Nous sommes convaincus que nous obtiendrons ce soutien, mais celui-ci est essentiel pour que nous traversions l’hiver », ajoute-t-il.

Ralentissement de la croissance

M. Gregory prévoit entre-temps une croissance économique plus lente, tant au Canada qu’aux États-Unis, car les entreprises naviguent entre la hausse des infections et les restrictions qui en découlent.

Au Canada, M. Gregory indique que la forte croissance depuis le troisième trimestre s’atténuera au tournant de l’année, et que nous connaîtrons une légère contraction en glissement mensuel, quoique moindre qu’au printemps dernier. 

« En bref, nous avons connu une croissance annualisée d’un peu plus de 40 % au troisième trimestre. Nous prévoyons que nous perdrons environ 2,5 % pour l’ensemble du quatrième trimestre, et cela comprend une légère contraction mensuelle », explique-t-il.

Aux États-Unis, qui ont connu une expansion de 33 % au troisième trimestre, M. Gregory s’attend à ce que le ralentissement découlant de la deuxième vague de COVID-19 soit plus tardif qu’au Canada, car les restrictions ont commencé plus tard. Il prévoit une croissance d’environ 5 % pour l’économie américaine au quatrième trimestre, avec un ralentissement plus prononcé au premier trimestre, où le taux de croissance glissera à 1 %.

Il ajoute que l’impact économique de la deuxième vague de la pandémie serait probablement atténué par des mesures de confinement plus ciblées et une meilleure intégration des protocoles liés à la COVID-19 au sein des entreprises.

« Je ne crois pas que la confiance des consommateurs et des entreprises sera plus atteinte par la deuxième vague que par la première », dit-il. « Nous estimons effectivement que ces restrictions ébranleront la reprise, mais qu’elles ne la feront pas dérailler. »

Titres à revenu fixe, devises et produits de base – Faibles écarts de taux records

Du côté des titres à revenu fixe, Margaret Kerins, chef du groupe Stratégie macroéconomique, Titres à revenu fixe, devises et produits de base, affirme qu’elle s’attendait à ce que les rendements des obligations du Trésor à 10 ans (et les rendements des obligations du Trésor en général) évoluent dans une fourchette définie, compte tenu des mesures de relance monétaires et budgétaires massives.

« Pour ce qui est des taux des obligations du Trésor, nous pensons qu’ils pourraient atteindre les niveaux planchers de 2020 dans la fourchette de 50 à 60 points de base, et s’aventurer vers la fourchette de 1 % à 1,25 % », dit-elle, ajoutant qu’un niveau plus intéressant pour les acheteurs émergera si cette dernière éventualité se concrétise, car les taux sont faibles dans le monde entier. « Le contexte mondial est aux mesures de relance budgétaires et monétaires et les taux américains sont encore relativement attrayants. »

Mme Kerins déclare que les écarts de taux seront « plus serrés que jamais par le passé », soutenus par une Fed très accommodante et par le marché des obligations du Trésor, et un environnement de recherche du rendement, malgré les perspectives de fermetures et de croissance économique au ralenti pour le premier trimestre.

« Bien que ce serait normalement défavorable pour les écarts de taux, nous estimons que le marché va de l’avant et garde son appétit pour les liquidités et la quête du rendement que nous avons connue », explique-t-elle.

Impact de l’inflation
Malgré l’ampleur des mesures de relance monétaires et budgétaires prises ou qui seront prises durant les prochains mois, Mme Kerins prédit qu’il n’y aura pas de hausse significative durable de l’inflation en 2021, en raison de l’apathie de l’emploi. Toutefois, cela ne signifie pas que le marché des titres du Trésor ne tentera pas d’intégrer une hausse de l’inflation.

« Nous croyons que la Fed sera liée par cette boucle de rétroaction où, avec une intégration de l’inflation réelle, le marché boursier subit un dégagement, les conditions financières se resserrent et la Fed doit intervenir de nouveau et accroître certaines mesures accommodantes », mentionne-t-elle. « De plus, nous restons absolument convaincus que l’évolution démographique, technologique et de mondialisation en cours sur le marché annulera l’inflation à long terme. »

Quant aux marchés qui intègrent une réduction potentielle des assouplissements, Mme Kerins s’attend à ce que la Fed reste accommodante pendant la prochaine année, ce qui assurera la stabilité des conditions financières.

« La Fed a appris sa leçon en matière de réduction des mesures accommodantes lors de la dernière crise, et nous sommes convaincus qu’elle ne suivra pas cette voie l’an prochain », conclut-elle. « Il est plus probable qu’elle demeure exceptionnellement accommodante en gardant la porte ouverte, ce qui devrait assurer la stabilité relative des conditions financières. »

LES 3 C DES MARCHÉS – D’abord le chaos, puis la coexistence, et les correctifs

Brian Belski, stratège en chef des investissements, BMO Marchés des capitaux, a indiqué que les trois à cinq prochaines années seraient caractérisées par la sélection des titres classique, pendant que les économies canadiennes et américaines se relèvent de la pandémie.

Une fois passé le premier chaos de la COVID-19, M. Belski affirme que la seconde moitié du marché haussier de 20 ans a commencé le 23 mars, lorsque les marchés ont touché le fond et ont commencé à remonter après l’impact initial de la pandémie mondiale.

C’est alors que les marchés ont appuyé sur « CTRL-ALT-DEL » (redémarrage), et que le monde a commencé à apprendre à vivre avec le virus. 

« Nous sommes passés à la phase corrective, et aux prochaines étapes en matière de placement. Si 2020 nous a enseigné quelque chose, c’est que ce ne sera pas aussi facile que le prévoit le marché », affirme-t-il. « Ce ne sera pas aussi facile que d’investir dans un titre ou un secteur. »

Les dix prochaines années de marché haussier connaîtront plutôt, selon M. Belski, un retour aux « traditionnels principes fondamentaux », avec une insistance particulière sur la croissance des sociétés américaines et canadiennes cotées en bourse pendant les trois à cinq prochaines années.

Il affirme que, pour ce qui est des États-Unis, son équipe a un objectif de 4 200 pour l’indice S&P 500, prévoyant une croissance de 35 % des bénéfices et une hausse des cours dans les deux chiffres par rapport aux niveaux actuels.

« Nous favorisons les actions des secteurs des finances, de la consommation discrétionnaire et des industries pour les 12 prochains mois. Pour les trois à cinq prochaines années, nous maintiendrons toutefois une surpondération – par rapport à notre position de longue date – des sociétés technologiques et des services de communication, et de certains titres des secteurs des soins de santé et de la consommation discrétionnaire. »

Le Canada lui paraît être une source de valeurs inexploitées et, du moins à court terme, prévoit que le pays surclassera les États-Unis sur le plan du rendement. Il prédit ainsi que l’indice TSX du Canada atteindra 19 500 en 2021.

« Depuis quelques années, notre thème était que si les États-Unis vont dans une direction, le Canada suit, et, à notre avis, la forte relation transfrontalière commerciale et fondamentale ne fera que se renforcer. »

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Brian Belski Stratège en chef - Placements
Michael Gregory, CFA Directeur général, économiste en chef délégué et chef du Service des études économiques aux États-Unis
Margaret Kerins, CFA Chef - Stratégie macroéconomique Titres à revenu fixe

PARTIE 2

COVID-19 – La donne a-t-elle changé?

décembre 15, 2020

  Avec l’arrivée des premières doses de vaccin contre la COVID-19 au Canada et aux États-Unis, les experts m&eacut…





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