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Tester pour relancer l’économie

 

Alors que le nombre de cas de COVID-19 dépassait les 3 millions dans le monde lundi, Brian Belski, stratège en chef des investissements chez BMO Marchés des capitaux animait une table ronde avec des experts de BMO pour discuter de l’évolution récente de la pandémie. Participaient également à cette conférence téléphonique Michael Gregory, économiste en chef délégué, BMO Marchés des capitaux, Margaret Kerins, chef, Stratégie macroéconomique, Titres à revenu fixe, devises et produits de base (TRFDPB), BMO Marché des capitaux et George Farmer, analyste en biotechnologie, BMO Marchés des capitaux. Le Dr. John Whyte, , médecin-chef de WebMD, participait à la discussion en qualité d’invité spécial pour expliquer les plus récents événements médicaux de la semaine.


Le balado Faits saillants COVID-19 de BMO est diffusé en direct sur toutes les grandes plateformes, dont AppleGoogle et Spotify.


Le Dr Whyte a amorcé la conférence en disant qu’il faudra réaliser davantage de tests pour mieux comprendre l’évolution du profil de la pandémie de COVID-19 en Amérique du Nord pendant que les autorités envisagent une relance de l’économie. Voir plus

Citant un rapport de la Fondation Rockefeller, qui a pour mission de promouvoir le bien-être de l’humanité dans le monde entier, le Dr Whyte a insisté sur tout le travail qui reste à faire. Il explique que, d’après la Fondation Rockefeller, il faudra augmenter le nombre de tests effectués et porter ce nombre à 30 millions par semaine. En comparaison, seulement quelque 3 millions de tests ont été réalisés depuis l’éclosion de la pandémie.

« Les tests demeurent donc une préoccupation majeure, indique le Dr Whyte. Pouvons-nous atteindre 30 millions de tests par semaine d’ici juin? Je ne suis pas certain. Mais commençons à réfléchir à la façon de les utiliser à plus grande échelle. »

Selon le Dr Whyte, pour un quelconque retour à la normale, il faudra que les tests effectués soient élargis et plus efficaces, mais il y a quand même des signes de progrès à cet égard.

Il existe maintenant un test de salive pour diagnostiquer le coronavirus qui, d’après les experts de la santé, est aussi précis que les échantillons prélevés par écouvillonnage nasal, par exemple, et bien que les autorités ne sachent pas encore si la présence d’anticorps dans l’organisme d’une personne signifie que cette personne est immunisée, le Dr Whyte semble indiquer que c’est probablement le cas.

On dénombrait, lundi, à l’échelle mondiale, plus de 3 millions de cas de la maladie à coronavirus et plus de 200 000 décès attribuables à la maladie.

Au Canada, 46 898 cas et 2 560 décès ont été enregistrés, mais les données récentes montrent que la propagation du virus ralentit et que le bilan des morts a augmenté de moins de 10 % par jour pendant neuf jours consécutifs.

Lundi, les États-Unis signalaient près d’un million de cas et plus de 55 000 décès, dont plus de la moitié était concentrée dans les foyers de propagation que sont New York, le New Jersey, le Massachusetts, l’Illinois et la Californie. Quelque 40 % des Américains disent connaître quelqu’un qui a été déclaré positif au virus ou qui pense avoir eu la maladie, et 10 % rapportent connaître quelqu’un qui est décédé des complications de la maladie.

Retour au travail

Les entreprises sont suffisamment encouragées par le déclin du nombre d’infections pour commencer à parler sérieusement de l’allure qu’un retour à la normale pourrait prendre, notamment en ce qui concerne l’utilisation des locaux pour bureau. Les bureaux devront-ils être réaménagés? Est-ce que le chauffage et la climatisation auront besoin d’être revus? Les entreprises devraient-elles envisager des façons de décaler le travail des employés au bureau?

« J’ai bon espoir que nous allons trouver une stratégie de relance. Nous en discutons dans le contexte d’une approche fondée sur le risque scientifique. Je crois que nous continuerons à voir des progrès. Et nous avons adopté des stratégies efficaces. »

Traitements incertains

Pour ce qui est des traitements, les nouvelles sont décourageantes, selon George Farmer, analyste en biotechnologie chez BMO Marchés des capitaux.

L’un des traitements dont on parle le plus, l’hydroxychloroquine, s’est avéré moins efficace que prévu. M. Farmer explique qu’il est difficile de conclure de façon absolue que les améliorations observées sont dues à l’administration du médicament compte tenu de l’absence d’un groupe témoin lors des études initiales.

« Les résultats intérimaires d’une étude chinoise, la première étude randomisée, ne font état d’aucune différence entre les patients traités par l’hydroxychloroquine et les patients ayant reçu les soins standards », indique M. Farmer.

Par ailleurs, la FDA ne recommande l’hydroxychloroquine pour le traitement des patients atteints de la COVID-19 qu’en milieu hospitalier.

Pour ce qui est des antiviraux, le remdésivir de Gilead a fait l’objet d’une grande couverture médiatique en raison de ce qui ressemble à un effet positif dans le cadre d’essais américains, mais M. Farmer précise que les essais ont été réalisés sans groupe témoin et se sont avérés décevants. Comme avec l’hydroxychloroquine, une étude randomisée menée en Chine a indiqué qu’il n’y avait pas de différence dans les résultats entre les patients ayant reçu le médicament et ceux ayant reçu un placebo.

Promesse d’un vaccin

Les nouvelles sont encourageantes en ce qui concerne le vaccin à ARN que Moderna s’affaire à mettre au point. M. Farmer explique que ce vaccin, qui est le vaccin en développement qui retient le plus l’attention, encode une protéine virale clé. « Nous espérons amener les cellules de l’organisme à fabriquer la protéine pour ainsi possiblement produire une réponse immunitaire protectrice. »

À ce stade des essais, le vaccin ne semble pas présenter de risque pour les humains, mais les développeurs ne savent pas encore avec certitude s’il confère une immunité. M Farmer s’attend à ce que cette information soit confirmée d’ici la mi-2021.

En réponse à la question d’un intervenant à savoir comment le développement du vaccin serait influencé si les anticorps ne conféraient pas une immunité à long terme, M. Farmer a expliqué qu’il y avait deux façons de susciter une réaction immunitaire, l’une consistant à produire des anticorps et l’autre à provoquer une réaction des lymphocytes T. « Je ne crois donc pas que tout sera perdu si nous n’observons pas une réponse immunitaire à base d’anticorps neutralisants. »

Très fortes contractions économiques

Michael Gregory, économiste en chef délégué chez BMO Marchés des capitaux a déclaré que les indicateurs des effets de la COVID-19 sur l’économie nord-américaine continuaient de brosser un tableau sombre de la situation. Selon lui, de nouvelles données seront publiées au Canada et aux États-Unis au cours des prochains jours et dévoileront de nouveaux chiffres lugubres.

Aux États-Unis, où les vrais chiffres concernant le PIB devraient être publiés mercredi pour le premier trimestre, M. Gregory dit s’attendre à un taux annuel de contraction de l’économie de plus de 8 % et à une faiblesse généralisée, sauf pour les dépenses publiques.

Il indique que l’économie canadienne devrait connaître un taux de contraction annualisé d’environ 10 % durant le premier trimestre. « Le Canada se porte moins bien que les États-Unis parce qu’il est plus durement touché par l’effondrement des prix du pétrole », a-t-il indiqué.

Pour finir, M. Gregory a confié qu’il se préparait à des contractions annualisées de l’ordre de 40 à 45 % au deuxième trimestre, et ce, des deux côtés de la frontière.

Plans budgétaires fédéraux

M. Gregory a fait remarquer qu’il était intéressant que le Congrès américain n’ait pas précisé que le plan budgétaire de la semaine dernière constituait la quatrième phase des plans prévus, laissant ainsi supposer qu’il pourrait y en avoir d’autres. « Il a été davantage vu comme une mesure provisoire, une très importante mesure provisoire. »

Il indique que, selon le Congressional Budget Office, le déficit budgétaire de l’exercice financier en cours s’élève déjà à 3 700 milliards de dollars, la dette publique atteindra 101 % du PIB d’ici septembre prochain, et les deux continueront de s’accroître.

« L’essentiel est que les décideurs des deux côtés de la frontière font tout ce qu’ils peuvent pour que le plus d’entreprises et de ménages possible survivent à la crise. »

Rebond échelonné

D’après Margaret Kerins, chef, Stratégie macroéconomique, TRFDPB chez BMO Marchés des capitaux, la reprise économique pourrait être plus lente que ce que certains auraient espéré et ne pas enregistrer l’important rebond que les experts prévoyaient lorsque la pandémie progressait encore.

« Nous nous attendons à un rebond une fois que les entreprises auront repris leurs activités, mais les réouvertures seront probablement échelonnées et graduelles », indique-t-elle, en prédisant qu’une certaine incertitude persistera pendant une grande partie du deuxième semestre. « Le rebond sera beaucoup plus lent que le net recul de l’activité économique en cours. »

Pendant que le gouvernement réagissait rapidement pour fournir des liquidités aux entreprises américaines, Mme Kerins a remarqué un énorme rebond des titres de sociétés de qualité, dont l’écart s’est rétréci de 165 points de base depuis que la Réserve fédérale des États-Unis (la Fed) s’est engagée, le 23 mars dernier, à acheter jusqu’à 750 milliards de dollars en obligations de sociétés sur les marchés primaire et secondaire.

Mme Kerins fait remarquer que les émissions de titres de créance de sociétés se sont envolées depuis le début de l’exercice et qu’elles ont augmenté de 67 % par rapport à la moyenne sur quatre ans pour la même période.

« Le problème est que les programmes de la Fed font très peu pour alléger le fardeau financier représenté par ces prêts, puisque ceux-ci sont remboursés à même les bénéfices futurs », explique-t-elle.

Depuis le 16 mars, la Fed a acheté pour 1 400 milliards de dollars d’obligations du Trésor américain, note Mme Kerins, mais le Trésor en a émis pour 960 milliards de dollars; le solde des émissions de titres de créance accessibles au public est donc négatif, à -433 milliards de dollars.

Selon elle, en ce qui a trait au marché, la difficulté à l’avenir sera de déterminer de quelle façon l’économie américaine a été modifiée de façon permanente. Et aussi, combien de temps il faudra pour réparer les dommages que le coronavirus a infligés aux travailleurs.

Un marché en « report »

En examinant les marchés, Brian Belski, stratège en chef des investissements, souligne la dynamique des marchés à terme canadiens qui, au cours de la dernière semaine, ont dégagé de meilleurs rendements que ceux des États-Unis dans le secteur de l’énergie.

Il précise que les marchés canadiens envoyaient des signaux à contre-courant dans deux des plus importants secteurs, les secteurs énergétique et financier.

« Commençons par le secteur de l’énergie », explique-t-il. « Nous observons une sorte de report record que nous n’avions pas vu depuis 2009, ou le début des années 2000. D’un point de vue historique, lorsque nous observons ce type de report dans les prix du pétrole brut WTI, nous observons habituellement une reprise vigoureuse du marché du WTI dans les six à douze mois suivants. »

En ce qui concerne le secteur financier, M. Belski estime que les cinq grandes banques canadiennes, qui ont de solides antécédents de versement de dividendes, peuvent espérer dégager de très forts rendements.

« Traditionnellement, nous observons habituellement un très fort signal à contre-courant lorsque les provisions pour pertes sur prêts augmentent de façon importante. Après les années 2000 à 2009, les banques canadiennes, particulièrement les cinq plus grandes, ont enregistré des rendements particulièrement solides six à douze mois après avoir inscrit des provisions pour pertes sur prêts. »

En ce qui concerne l’avenir, M. Belski répète que, selon lui, les marchés nord-américains ont atteint un creux le 23 mars dernier et la pandémie de COVID-19 n’a fait qu’accélérer le développement d’un marché baissier imminent, qui est donc survenu maintenant plutôt qu’au quatrième trimestre.

« Cela ne fait que renforcer ce que nous avions prévu, c’est-à-dire que le creux est à l’œuvre », a-t-il dit.

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Brian Belski Stratège en chef - Placements
Michael Gregory, CFA Directeur général, économiste en chef délégué et chef du Service des études économiques aux États-Unis
Margaret Kerins, CFA Chef - Stratégie macroéconomique Titres à revenu fixe



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