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Changer les comportements est essentiel pour assurer un avenir à faible émission de carbone – Table ronde Milken

Finance durable 25 octobre 2021
Finance durable 25 octobre 2021

Au cours des 18 derniers mois, un nombre croissant d’entreprises et de gouvernements ont pris conscience que l’économie mondiale devait devenir plus durable sinon, on risquait la catastrophe environnementale.

Ce n’est là qu’une des principales conclusions tirées par un groupe de discussion lors de la conférence du Milken Global Institute du 18 octobre dont le thème était Investir en vue d’une transition commerciale durable. Participaient à la conférence Dan Barclay, chef de la direction et chef, BMO Marchés des capitaux, Jorge Mesquita, chef de la direction, Blue Triton Brands, Hiromichi Mizuno, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour les financements novateurs et les investissements durables – conseiller spécial, Milken Institute, Anthony Pratt, président-directeur général, Visy Industries et président-directeur général, Pratt Industries, et Shally Shanker, fondatrice et associée principale, AiiM Partners.

La table ronde d’une heure, animée par Caitlin MacLean, directrice principale, Financements innovants, du Milken Global Institute, a permis à des experts internationaux d’expliquer comment les parties prenantes, des investisseurs aux consommateurs, en passant par les employés et les fournisseurs, doivent jouer un rôle fondamental dans la réussite de la transition vers une économie carboneutre.

Hiromichi Mizuno pense que le passage à une économie plus durable relève davantage de la révolution que d’une transition. Il compare ce qu’il appelle la « révolution de la durabilité » à la révolution industrielle dans la mesure où, pour que le changement se produise, tout le monde doit penser et agir différemment. De même, pendant la révolution industrielle, le secteur financier n’est pas resté sur la touche, il a contribué à accélérer le changement. C’est ce qui doit se produire aujourd’hui aussi.

« Aujourd’hui, tout le monde dit que nous faisons de l’ESG ou que nous prenons en compte la durabilité dans nos activités ou nos décisions financières, mais quand verrons-nous suffisamment d’actions? Là est la question », a déclaré M. Mizuno.

Les entreprises et les gouvernements doivent faire plus maintenant, a-t-il ajouté. Le monde se trouve à un moment critique, et il n’y a pas de meilleur moment pour amorcer cette transition. « Dans quelques années, nous repenserons à l’année 2021 et nous nous demanderons si nous avons réussi à changer le cours de notre société ou de notre économie, ou si nous avons échoué », a-t-il déclaré à la table ronde Milken.

Dan Barclay, chef de la direction de BMO Marchés des capitaux, partage cette opinion, qualifiant l’année 2021 de point d’inflexion en matière de comportement. Le monde des affaires, a-t-il noté, s’éloigne des philosophies fondées sur les pénalités et les règles, où des mots comme désinvestissement et défi étaient courants, et s’oriente davantage vers une conversation consciente sur la transition. Plutôt que de punir une entreprise pour ne pas avoir été durable, on l’encourage désormais – par des bénéfices plus élevés, des flux de trésorerie, l’attention des consommateurs – à adopter de nouvelles normes environnementales et de réduction des émissions de carbone.

« Lorsque vous pensez à faire ce qu’il faut pour l’environnement, vous créez un ensemble d’occasions grâce auxquelles l’entreprise gagne plus d’argent, et cela entraîne un changement de comportement », a affirmé M. Barclay. « C’est un cercle vertueux de bienfaits – c’est bon pour l’environnement, bon pour l’entreprise, bon pour ses investisseurs. Lorsque je vois de bons comportements, je sais que de bons résultats vont suivre. »

Privilégier le financement durable

Le financement durable est un outil qui encourage les entreprises à faire la transition, selon M. Barclay. Par exemple, en 2019, une entreprise canadienne de transformation de la viande est devenue la première entreprise au Canada à obtenir un prêt lié à la durabilité. Le taux d’intérêt de ce prêt diminuera à mesure que certains objectifs de durabilité – comme la réduction des émissions de méthane ou l’amélioration de l’exploitation – seront atteints. Le Canada abrite également la première entreprise énergétique nord-américaine à obtenir un prêt durable, qui lie ses taux à la réduction des émissions, à l’amélioration de la diversité des sexes dans la main-d’œuvre et à une plus grande diversité des sexes au conseil d’administration.

« Quand on pense à ces entreprises, elles étaient prêtes à faire des déclarations publiques sur le changement de comportement », a-t-il dit. « Puis les banques sont intervenues et ont dit que si vous atteigniez vos objectifs, vous auriez un financement moins cher. Ce n’est pas substantiellement moins cher, d’accord, mais il s’agit d’un ensemble d’intentions visant à changer réellement les comportements. Et pour moi, (ce sont) d’excellents exemples de personnes qui ont dit : “Je vais être différent, je vais changer”. »

Adopter de nouvelles technologies

Anthony Pratt, président directeur général de Pratt Industries, qui crée des emballages en papier durables, a déclaré que la technologie est également essentielle pour lutter contre le changement climatique. Il y a plusieurs années, son entreprise a mis au point une technologie permettant de transformer les déchets en boîtes en carton. À l’époque, les entreprises abattaient des arbres pour créer des boîtes. « Si nous n’avions pas continué à réduire sans relâche nos coûts, nous n’aurions jamais révolutionné la durabilité dans notre secteur », a-t-il expliqué. M. Pratt a également souligné l’importance de la transition des collectivités dont l’économie est fondée sur le charbon du Midwest américain vers des emplois dans l’industrie verte. Ses propres papeteries, a-t-il expliqué, sont un exemple de la façon dont cela peut être fait.

Un certain nombre d’entreprises innovantes trouvent des solutions aux problèmes de durabilité, mais parviendront-elles à rester à flot suffisamment longtemps pour devenir rentables? C’est la question que l’animatrice de la table ronde, Caitlin MacLean, a posée à Shally Shanker, fondatrice et associée principale chez AiiM Partners, qui a affirmé que « qu’il y a un vide à combler, un endroit où les capitaux et les ressources manquent à l’appel, et où il y existe des possibilités de rendement. J’aimerais que les [investisseurs] interviennent plus tôt et aident ces entreprises à se développer un peu plus rapidement. Mais le capital est là, en coulisse, et nous espérons que davantage de capitaux quitteront les coulisses pour occuper le devant de la scène. »

Se concentrer sur des aspects ESG particuliers

Jorge Mesquita, chef de la direction de BlueTriton Brands, une entreprise qui produit et vend de l’eau en bouteille, entre autres boissons, a déclaré qu’il est important de se concentrer sur quelques aspects ESG clés plutôt que d’essayer de s’attaquer à toutes les facettes de la durabilité.

Par exemple, BlueTriton Brands souhaite que toutes ses bouteilles d’eau soient fabriquées à partir de plastique recyclé d’ici la fin de la décennie, ce qui, selon lui, nécessitera de nouvelles technologies et une « innovation transformationnelle ». L’entreprise est également déterminée à améliorer les normes d’approvisionnement en eau et travaille avec des géologues et des hydrogéologues pour s’assurer qu’elle s’approvisionne en eau de manière responsable. Elle souhaite également que 80 % de sa flotte de transport utilise des carburants de remplacement d’ici 2030.

« Ce sont les points qui comptent le plus pour nos consommateurs », a-t-il confié. « Je crois qu’en nous concentrant, nous pouvons vraiment faire beaucoup plus de progrès. »

M. Mizuno souhaite que les chefs d’entreprise aillent encore plus loin et s’engagent à ce que leurs organisations atteignent la carboneutralité d’ici 2050. Non seulement c’est la bonne chose à faire, mais cela aidera les marchés financiers à améliorer la façon dont ils évaluent les actifs. « Les marchés des capitaux ont vraiment eu du mal à fixer le prix de tous ces éléments sur le marché actuel parce que nous ne nous sommes pas mis d’accord sur le fait que le scénario de référence sera la carboneutralité », a-t-il martelé. « Sans un consensus sur la trajectoire que doit emprunter le scénario de référence vers l’objectif zéro émission nette, nous ne serons pas en mesure d’évaluer correctement les investissements. »

Exploiter les données

Les entreprises commenceront réellement la transition lorsqu’elles obtiendront de meilleures données de leur activité, a ajouté M. Barclay. La normalisation des critères ESG sera utile, mais les entreprises doivent investir dans la collecte de données. À titre d’exemple, lorsque les entreprises savent comment fonctionne leur matériel, quels types d’émissions elles produisent et comment leur chaîne d’approvisionnement contribue à leur empreinte carbone, elles peuvent changer.

« Une fois que vous avez en main des données et des renseignements, vous pouvez réellement planifier votre évolution, chose que j’ai vue à maintes reprises quand on possède des renseignements qu’on n’avait pas auparavant », a-t-il expliqué. « C’est ce qui me rend optimiste, le fait que le cycle de génération de données fiables, cohérentes et comparables entre les systèmes commence vraiment à s’accélérer. Et plus nous en avons, plus vite nous pouvons changer. »

Très vite, l’écart entre ce que veulent les investisseurs et ce que réclament les défenseurs de l’environnement se réduit, comme de plus en plus de personnes se soucient de la valeur d’une entreprise pour la société. « Tout est plus intégré et se fond dans une seule valeur fondamentale, à savoir la valeur pour la société et la valeur pour le système », a déclaré M. Mizuno.

M. Barclay est du même avis. « Il fut un temps où l’objectif d’une entreprise était de générer le plus de valeur possible pour les actionnaires. Je ne connais pas beaucoup d’entreprises qui se définissent ainsi aujourd’hui. La raison d’être de BMO est d’avoir le cran de faire une différence dans la vie comme en affaires – cela ne ressemble pas à une banque, ça, mais nous devons tenir nos promesses en tant qu’institution dans

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Dan Barclay Chef de la direction et chef de BMO Marchés des capitaux

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