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Relancer le dossier ESG de l’industrie minière

Finance durable 26 janvier 2021
Finance durable 26 janvier 2021

 

Lors de notre 2020 conférence sur le secteur mondial des mines et métaux qui s’est déroulée en Floride, un message sans équivoque a été exprimé par les principaux producteurs et investisseurs du milieu : l’industrie doit mieux transmettre l’histoire de son cheminement ESG. Dans les mois qui ont suivi, ce message n’a fait que s’intensifier.

Comme un des principaux banquiers du secteur, nous sommes conscients de la possibilité pour nos clients de répondre aux préoccupations de toutes les parties prenantes, des investisseurs à la société dans son ensemble. Nous reconnaissons également notre responsabilité en tant que banque pour assurer les flux de capitaux dont aura besoin un secteur qui fournira les métaux nécessaires pour construire un monde qui s’attaque aux changements climatiques. Le secteur des mines et métaux est, et continuera d’être, essentiel à la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.

Accélérés par la pandémie COVID-19 et l’urgence accrue autour des 17 objectifs de développement durable des Nations unies, le rapide essor de la spécialisation en finance durable ainsi que la dynamique de l’ESG et de l’investissement responsable propulsent désormais l’innovation dans les produits financiers durables.

Il est intéressant de noter que l’examen plus minutieux des principes ESG du secteur minier offre l’occasion de relancer la discussion à ce sujet en s’appuyant sur les outils de financement durable comme points de repère pour mettre en évidence la stratégie et les réalisations, en particulier dans les domaines qui vont au-delà de l’atténuation des risques fondamentaux.

ESG : Passer de la protection de la valeur à la création de valeur

L’ESG est désormais reconnu comme un pilier stratégique incontournable pour le succès à long terme dans le secteur minier. Comme peu d’autres industries, la licence d’exploitation minière est subordonnée à l’obtention de l’approbation des gouvernements de même qu’à l’appui des collectivités et bien souvent des ONG mondiales qui se préoccupent de questions de durabilité allant des droits de l’homme à l’intendance environnementale.

Au cours des dernières décennies, le secteur a fait de grands progrès pour intégrer les principes d’ESG tant sur le plan des entreprises individuelles que sur celui des activités d’exploitation. Du point de vue écologique, les sociétés minières s’efforcent d’améliorer la sécurité des résidus, de réduire la consommation d’eau et d’énergie et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre grâce à plusieurs mesures, notamment le passage aux camions alimentés à l’hydrogène, l’électrification des sites miniers et l’augmentation des énergies renouvelables.

L’attention croissante portée aux conséquences sociales contribue de manière positive et importante au développement à long terme des collectivités locales au-delà de la durée de vie d’un projet; des sociétés minières plus progressistes adoptent des plans pour aider les collectivités à prospérer après la fermeture d’une mine.

En matière de gouvernance, nous constatons la prévalence croissante de comités de durabilité autonomes qui assurent une surveillance appropriée et indépendante des conseils d’administration et, de plus en plus, des liens entre les objectifs de durabilité et la rémunération des dirigeants. En outre, depuis une dizaine d’années, des efforts ont été déployés pour accroître la diversité des administrateurs et des dirigeants.

Pourtant, malgré ces efforts, le secteur n’obtient pas toujours la reconnaissance qu’il mérite pour ces avancées.

Outils de financement durable

Nous assistons ainsi à la création d’instruments de financement durable qui donnent accès à des capitaux tout en aidant les entreprises spécialisées dans les métaux et les activités minières à prouver leur respect des pratiques exemplaires telles qu’elles ont été définies, par exemple, par la coalition Initiative for Responsible Mining Assurance (IRMA) et le Conseil international des mines et métaux (ICMM), et à obtenir une reconnaissance lorsqu’elles vont au-delà des stratégies de gestion des risques, lorsqu’elles créent de la valeur et produisent un impact positif.

La panoplie d’outils est variée et ne cesse de s’élargir.

Les obligations vertes, les obligations durables et les obligations de transition peuvent mettre en évidence les efforts déployés pour mettre au point des technologies et mettre sur pied des projets qui favorisent un environnement durable, qui présentent des avantages concrets et qui sont orientés vers des investissements dans la décarbonisation, l’utilisation rationnelle de l’eau, le développement des énergies renouvelables, les projets de conservation de la biodiversité ou le transport propre.

De même, les obligations sociales mettent en évidence les réalisations visant à soutenir les communautés hôtes à proximité des sites miniers, dans des domaines comme les établissements d’enseignement et les centres de formation, les infrastructures de santé et les programmes de soutien aux petites entreprises locales.

Les plus récents outils du marché des titres de créance de financement durable, les prêts et obligations liés à la durabilité, favorisent l’amélioration du profil en matière de durabilité des entreprises en fixant des cibles et des objectifs de performance. Ces outils gagnent en popularité sur le marché du financement durable comme moyen de représenter et de mettre en valeur les stratégies globales de durabilité des entreprises.

Le secteur dans son ensemble n’a pas encore exploité le plein potentiel du financement durable, alors que seules quelques sociétés se sont tournées vers de tels instruments. Mais l’intérêt des sociétés minières augmente, comme elles sont susceptibles de les utiliser comme plateforme pour associer le financement à des résultats durables, en faisant preuve de responsabilité et en contextualisant leurs investissements dans la durabilité.

Accélérer l’innovation

Sur le marché des prêts bancaires ou celui des titres à revenu fixe, le financement durable est en plein essor, atteignant 1,8 billion de dollars sur le seul marché de la dette en juin de cette année, selon le service BloombergNEF. D’importantes innovations importantes ont été apportées à la catégorie au cours des dernières années, les banques s’étant empressées de répondre à l’engouement des investisseurs dans tous les secteurs, et la cadence de ces innovations ne devrait que s’accélérer au cours des années à venir avec la publication de nouvelles lignes directrices et de nouveaux principes, renforçant la solidité et la crédibilité du marché.

Une taxonomie de transition canadienne, ainsi qu’une taxonomie en cours de rédaction par l’ICMM, progressent vers l’établissement de principes de transition qui viseront à normaliser une nouvelle catégorie de produits et de services financiers pour les secteurs présentant des enjeux sur le plan de la réduction de la pollution.

Les innovations qui se produisent dans de tout autres secteurs pourraient également se transposer à celui des mines et métaux. Par exemple, K2A, une société suédoise de logement cotée à la bourse de Stockholm, a lancé un cadre de capitaux verts plus tôt cette année. Ce cadre sert d’outil pour évaluer et éventuellement classer K2A selon diverses gradations de vert, en tenant compte du fait que les méthodes et les matériaux qu’elle utilise pour construire permettent de réduire les émissions de dioxyde de carbone par rapport à d’autres promoteurs immobiliers plus traditionnels. Il reste à voir dans quelle mesure K2A saura attirer davantage d’investisseurs ESG compte tenu du nouveau cadre, mais, à tout le moins, les bons renseignements sont désormais à la disposition des investisseurs et montrent la façon dont l’entreprise s’inscrit dans une économie durable et à faible émission de carbone. Comme les obligations vertes, il s’agit d’une étape supplémentaire vers la validation des affirmations de l’émetteur. Qui plus est, le cadre a fait l’objet d’une contre-expertise par CICERO, organisme reconnu par la communauté internationale comme premier fournisseur de contre-expertises indépendantes sur les obligations vertes.

Dans la foulée de la cartographie verte des activités et des placements, nous avons vu naître la notion d’un bulletin d’entreprise total, faisant l’analyse comparative et donnant une perspective globale et équilibrée des performances E, S et G, ainsi que des aspects financiers, y compris des performances positives au-delà du référentiel de l’atténuation des risques.

Il est indéniable que le financement durable est une tendance croissante, stimulée par des innovations qui pourraient aider les entreprises à raconter leur histoire ESG dans un monde où les capitaux sont de plus en plus examinés à travers le prisme de l’ESG.

Jeu d’occasions

La lutte contre les changements climatiques étant une priorité pour les gouvernements, elle crée à la fois des occasions et des risques pour le secteur de mines et métaux. Les occasions résident dans le fait que les entreprises peuvent accéder au bassin d’investisseurs ESG en communiquant efficacement et en étant reconnues pour le rôle essentiel que jouera le secteur dans la transition des économies vers un avenir moins pollué par le carbone.

Dans un document de 112 pages publié par la Banque mondiale en mai, intitulé Minerals for Climate Action: The Mineral Intensity of the Clean Energy Transition, des chercheurs ont montré comment le passage aux technologies d’énergie propre et le déploiement de technologies d’exploitation des énergies renouvelables et de stockage de batteries—en particulier l’énergie solaire, éolienne et géothermique—nécessiteront une augmentation considérable des approvisionnements en métaux et minéraux, en utilisant tout, des métaux de base comme le cuivre et l’aluminium aux minéraux verts et de terres rares. Le rapport prévoit, par exemple, que la production de graphite, de lithium et de cobalt devra être augmentée de plus de 450 % d’ici 2050—à partir des niveaux de 2018—pour répondre à la demande.

Il est clair que le développement de cette offre accrue de matières premières nécessitera le déploiement de capitaux importants, ce qui exige un argumentaire crédible et vérifiable de la part des entreprises qui les produisent. Des outils de cartographie de la durabilité plus avancés seront nécessaires pour donner aux investisseurs axés sur les questions ESG la tranquillité d’esprit nécessaire pour confier leurs fonds aux meilleures entreprises et aux projets qui sont conformes aux mandats ESG. Ces outils permettront de suivre les preuves d’exploitations décarbonisées et écologiquement durables, et de rendre compte de façon transparente de la gestion des risques sociaux possibles associés à cette accélération de la production. À terme, ces outils pourront également fournir un bilan intégral d’une entreprise, bilan qui donnera une vue d’ensemble des performances ESG et des performances financières.

Trop importants pour être ignorés

Il est certain que la taille du fonds commun de capitaux ESG est trop importante pour être laissée de côté, car les investisseurs appliquent un filtre ESG à toutes les catégories d’actifs et à tous les produits de placement.

Le bassin d’investisseurs soucieux des questions ESG prend rapidement de l’ampleur, le nombre d’adhérents aux Principes pour l’investissement responsable augmentant chaque jour, comptant plus de 3 000 signataires représentant environ 103,4 billions de dollars US d’actifs sous gestion en mars 2020. La société de recherche Opimas estime que la valeur des actifs sous gestion utilisant directement des paramètres ESG pour orienter les décisions de placement a doublé au cours des quatre dernières années, pour atteindre plus de 40 000 milliards de dollars cette année.

En 2019, BMO Groupe financier s’est engagé à mobiliser 400 milliards de dollars en financement durable d’ici 2025, dont 150 milliards de dollars de financement pour les clients qui recherchent des résultats durables. Ces 150 milliards de dollars comprendront la mise sur le marché d’obligations de transition, afin d’aider nos clients à financer les investissements qu’ils doivent faire dans leurs entreprises pour passer à un avenir à plus faibles émissions de carbone.

Ce qui est indéniable est que, tous secteurs confondus, les investisseurs examinent de plus en plus la culture et les performances ESG des entreprises lorsqu’ils évaluent les occasions, ce qui oblige les intervenants à adopter une démarche proactive. C’est particulièrement vrai pour le secteur minier, toujours considéré comme un des secteurs les plus risqués par les principaux fournisseurs de données sur les risques ESG comme Sustainalytics ou les agences de notation de crédit comme Fitch Ratings. Les investisseurs encouragent activement le secteur à faire preuve de transparence, ce qui a donné lieu à des projets comme l’Investor Mining Tailings Safety Initiative, que soutient BMO Gestion mondiale d’actifs, et qui vise à accroître la transparence dans le secteur sur la gestion des digues de retenue des résidus.

Pour prendre pleinement part à cette transition, le secteur doit s’emparer de la trame narrative, se faire entendre, et consacrer autant d’efforts à montrer ses avantages pour la société qu’à documenter l’atténuation des risques.

Les investisseurs dans le secteur des mines et métaux se tourneront de plus en plus vers le financement durable pour créer des outils permettant d’identifier les sociétés minières bien positionnées dont les activités sont gérées de manière durable, qui sont conformes à un profil à faible émission de carbone et qui ont la capacité de gérer adéquatement les externalités ESG.

Les occasions qui s’offriront au secteur dépendront de sa capacité à prouver de manière crédible et indépendante son engagement envers les principes ESG, à reconnaître ses lacunes et à utiliser efficacement les outils de financement durable pour communiquer la création de valeur durable et les avantages socio-économiques au-delà de la préservation de la valeur.


Meilleure banque selon le sondage sur la durabilité du Wall Street Journal – En savoir plus ici

 

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Dan Barclay Chef de la direction et chef de BMO Marchés des capitaux

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