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L’état actuel du marché des crédits carbone

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Les investisseurs, gestionnaires d’actifs, institutions financières et gouvernements s’entendent sur l’importance de lutter contre les changements climatiques, mais on débat encore des meilleurs moyens de relever ce défi. Ceci transparaît dans la diversité des marchés du carbone qui prennent des moyens différents pour parvenir à l’objectif commun de réduire les émissions de carbone à l’échelle mondiale.

Bien que les marchés du carbone existent depuis que 150 pays ont signé le Protocole de Kyoto des Nations Unies sur les changements climatiques en 1997, l’absence de coordination mondiale et de solutions évolutives a freiné leur développement jusqu’à ces dernières années. D’éminents spécialistes se sont penchés attentivement sur les défis et les possibilités de ces marchés dans le cadre d’une table ronde animée par Eric Jacks, chef, Émission de titres mondiaux, BMO Marchés des capitaux, à la conférence Gouvernements, banque centrale et gestionnaires de fonds organisée par BMO en 2023.

En quoi consistent les crédits carbone?

Les participants de la table ronde ont souligné qu’avant d’examiner en détail les marchés du carbone, il faut comprendre en quoi consiste un crédit carbone. Dans la majorité des systèmes qui existent dans le monde, un crédit carbone équivaut à une tonne métrique d’émissions de dioxyde de carbone évitées, réduites ou retirées de l’atmosphère au moyen d’activités comme la protection des forêts tropicales humides, la plantation d’arbres, l’installation de technologies écoénergétiques ou le captage et le stockage du carbone provenant d’une cheminée.

Pour donner lieu à un crédit carbone, cette activité doit être mise au point dans le cadre d’une méthodologie approuvée, vérifiée par un tiers et consignée dans un registre sous un numéro de série unique. Ainsi sérialisé, ce crédit sera vendu à un émetteur qui s’en servira pour compenser ses propres émissions.

Si pratiquement tout le monde s’entend sur cette définition de base d’un crédit carbone, il n’en va pas de même de la façon dont ces crédits sont créés, suivis et mesurés. Par exemple, au Canada, chaque province a son propre système de réglementation des crédits des grands émetteurs. Ainsi, les crédits carbone créés dans une province ne peuvent pas nécessairement être échangés dans une autre province, et encore moins à l’échelle internationale. Aux yeux des participants de la table ronde, ce manque de coordination nuit à la liquidité du marché, aux investissements et à l’évolutivité des solutions de réduction des émissions.

Des marchés qui se transforment

Les marchés du carbone constituent un outil essentiel pour fixer le prix du carbone et orienter les investissements vers des initiatives qui ont un impact réel sur le climat. La transition énergétique étant un des piliers de la démarche visant à atteindre l’objectif net zéro au Canada, les crédits carbone joueront un rôle de plus en plus important dans l’économie, à la faveur des initiatives climatiques ambitieuses qui seront mises en œuvre d’ici 2030.

Les marchés du carbone fixent un prix du carbone pour inciter les émetteurs à investir dans des projets d’évitement, de réduction et de retrait des émissions de carbone. Ces marchés sont conçus pour permettre une réduction chiffrée des émissions carbone par la création de produits de base environnementaux négociables. Les émetteurs peuvent soit investir dans des projets économiquement et technologiquement viables pour atteindre leurs cibles de réduction des émissions, soit acheter des crédits carbone d’autres participants du marché qui ont fait de tels investissements et réussi à éviter, réduire ou retirer des émissions. Le mécanisme permet donc de parvenir à la réduction souhaitée des émissions au meilleur coût possible. 

À la longue, on s’attend à ce que la valeur des crédits carbone dépende de plus en plus de la façon dont on définit leur qualité. Tout comme certains consommateurs paieront plus cher pour une bouteille d’eau haut de gamme, certains participants du marché du carbone sont prêts à payer davantage pour des crédits qui sont produits selon des méthodologies plus rigoureuses dans des pays ou territoires particuliers ou qui sont assortis d’avantages complémentaires, comme le soutien de la biodiversité, la réduction des inégalités ou l’amélioration de la santé et de l’éducation. On voit aussi apparaître des « primes de millésime », en vertu desquelles les crédits carbone plus récents sont souvent vendus plus cher que les plus anciens parce qu’ils correspondent à de meilleures pratiques qui permettent de compenser davantage d’émissions.

Une occasion à saisir

La normalisation des crédits carbone rassure les acheteurs et sera peut-être nécessaire, mais elle mettra du temps à se concrétiser, ce qui risque de retarder les progrès. Les différences entre les crédits carbone d’un territoire ou d’un programme à l’autre ne créent pas de problème dans la mesure où les critères qui les définissent sont clairement divulgués et les projets admissibles sont de bonne qualité.

L’International Emissions Trading Association estime qu’un marché du carbone international pleinement fonctionnel pourrait générer des économies de 250 milliards de dollars dans la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris pour 2030. Si cet argent pouvait être réinvesti, des réductions équivalant à 8 % des émissions mondiales pourraient être obtenues à court terme. 

Les participants de la table ronde observent que les entreprises commencent à constater qu’elles ont intérêt à réduire leurs émissions pour tirer des revenus des crédits carbone ou réduire leurs coûts de conformité. Les crédits d’impôt bonifiés prévus dans la loi américaine sur la réduction de l’inflation adoptée fin 2022 accéléreront sans doute les initiatives volontaires d’abaissement des émissions, qui ont tardé dans le cadre des autres mécanismes de réglementation du prix du carbone. Comme l’a souligné un participant, « jusqu’à maintenant, il n’y avait que le bâton, mais à présent, la carotte fait son apparition ».

Les politiques et les organismes s’orientant vers plus de transparence et plus de coordination à l’échelle mondiale, les marchés des crédits carbone pourraient faire face à moins de difficultés à l’avenir et offrir une foule de nouvelles possibilités à leurs participants, du fait de la création de nouveaux produits physiques et financiers adaptés à l’ampleur de l’ambition climatique et du marché mondial.

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Eric Jacks Chef, Émission de titres mondiaux

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