Qu’est-ce qui définira le leadership climatique en 2026? À l’Institut pour le climat de BMO, nous surveillons les manchettes, écoutons les leaders et analysons les données.


L’année écoulée a été marquée par de nombreux développements majeurs et des nouvelles qui méritent toute notre attention, qu’il s’agisse des promesses de l’intelligence artificielle (IA), de l’impact de l’IA sur la consommation d’énergie et sur des ressources en eau déjà fortement sollicitées, ou encore de l’essor des technologies d’énergie propre. À la lumière de nos travaux de recherche et de nos publications, des entretiens menés avec des dirigeants de divers secteurs dans le cadre de notre balado Sustainability Leaders, ainsi que de nos rencontres, quatre thèmes se dégagent comme essentiels pour permettre aux dirigeants d’entreprise de comprendre les enjeux et de prospérer dans l’année à venir : l’innovation et l’adaptation, l’approvisionnement et la sécurité énergétiques, la stratégie et la dynamique d’entreprise, ainsi que la résilience.


Innovation et adaptation

An illustration of a high-energy plasma core within a tokamak, symbolizing advanced nuclear fusion technology.

L’adaptation aux risques climatiques fait désormais partie du quotidien, et l’intégration de la résilience dans les opérations des entreprises est déjà en cours. Il ne s’agit pas seulement de survivre, mais de s’épanouir.

Pour s’adapter aux changements climatiques, les dirigeants rencontrés lors d’un événement client de BMO ont souligné que l’innovation n’est plus une option, mais une nécessité. Grégoire Baillargeon, président, BMO Québec, vice-président du conseil, BMO Marchés des capitaux et vice-président de l’Institut pour le climat de BMO, résume bien cette évolution :

« Nous ne nous contentons pas de financer des solutions – nous contribuons à bâtir les écosystèmes qui les rendent évolutifs. L’élimination du carbone, l’hydrogène propre et les systèmes énergétiques alimentés par l’IA ne sont plus des idées marginales. Ils représentent désormais l’avenir de l’avantage concurrentiel. »


De l’énergie de fusion à l’élimination du dioxyde de carbone, le rythme de l’innovation climatique s’accélère et poursuivra sur sa lancée en 2026, notamment en raison des avantages économiques tangibles associés à l’énergie propre et aux autres solutions durables. L’IA a le potentiel non seulement d’améliorer l’efficacité des opérations des entreprises, mais aussi de renforcer le suivi et la réalisation des objectifs de durabilité. Nous constatons également que les entreprises poursuivent leurs investissements en recherche et en développement pour commercialiser des solutions climatiques qui ne sont pas nécessairement prêtes pour le marché, ce qui témoigne d’un passage de l’ambition à l’exécution.


Toutefois, l’innovation à elle seule ne suffit pas : elle doit s’accompagner d’une adaptation à grande échelle à la réalité physique et économique changeante du climat. Ces dernières années ont marqué un tournant dans les investissements climatiques, qui sont passés d’un accent mis sur l’atténuation à une attention croissante portée aux mesures d’adaptation et de résilience. Les parties prenantes ont plus que jamais accès aux données et aux outils nécessaires pour quantifier l’évolution des risques et s’y adapter d’une manière qui soutient directement leurs objectifs. Nous prévoyons que cette priorité se maintiendra et s’accentuera en 2026, compte tenu notamment du coût économique croissant des catastrophes naturelles, des signaux d’alerte provenant du secteur de l’assurance et des discussions sur la manière de rebâtir des collectivités plus résilientes.


Approvisionnement et sécurité énergétiques

Innovations in Long-Duration Energy Storage calendar icon Updated

Compte tenu de la croissance exponentielle de l’IA et de ses besoins anticipés en énergie comme en eau, nous avons consacré une grande partie de 2025 à examiner les avancées liées au développement de solutions énergétiques innovantes pour répondre à la demande en hausse. Des priorités géopolitiques complexes ont profondément recadré des sujets tels que les énergies renouvelables et la résilience des réseaux, désormais perçus avant tout sous l’angle de la sécurité nationale, les considérations climatiques devenant un bénéfice secondaire.

De la fission nucléaire à la fusion en passant par le gaz naturel et le stockage d’énergie, l’approvisionnement en énergie et la sécurité nationale resteront des enjeux centraux en 2026 et au-delà. Au cours de l’année à venir, nous nous attendons à ce que les infrastructures de transport et de distribution d’énergie occupent le devant de la scène, parallèlement aux discussions continues sur la réforme des processus d’autorisation pour les grands projets énergétiques.


Stratégie d’entreprise et dynamique

Aerial view of trucks during unloading and a large storehouse with solar panels on the rooftop.

Des progrès réels sont observés dans tous les secteurs, et le rythme de l’action climatique continue de s’accélérer. Le sondage de 2025 mené par l’Institut pour le climat de BMO auprès de dirigeants d’entreprise a révélé une convergence croissante entre action climatique et valeur commerciale. Près de 70 % des entreprises nord-américaines ont maintenant un plan climatique en place ou en cours d’élaboration, comparativement à 65 % en 2022.

Les chefs de file en matière de climat sont plus susceptibles de croire que leur entreprise fonctionne mieux grâce à la mise en place de plans de lutte contre les changements climatiques. Un tiers des chefs de file en matière de climat (33 %) affirme que leur entreprise peut être plus rentable si elle s’attaque aux changements climatiques, contre 22 % pour les autres entreprises. De plus, 38 % des chefs de file en matière de climat affirment que leur entreprise peut être gérée plus efficacement grâce à des plans de lutte contre les changements climatiques établis, soit 11 points de pourcentage de plus que les autres entreprises. Ces entreprises répondent également aux attentes croissantes des clients, 48 % d’entre elles mentionnant qu’il s’agit d’un facteur clé de l’action climatique.


La résilience des chaînes d’approvisionnement constitue un autre enjeu essentiel pour les dirigeants d’entreprise, ainsi qu’un levier d’action climatique. Les pratiques d’approvisionnement des entreprises demeurent un moteur important de l’adoption de pratiques d’affaires plus durables, notamment en matière d’efficacité des ressources et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les grandes entreprises peuvent influencer leurs chaînes d’approvisionnement au moyen de politiques qui encouragent l’atteinte des cibles de réduction des émissions de carbone et donnent la préférence aux fournisseurs qui ont mis en place des stratégies significatives pour améliorer leur résilience aux perturbations comme celles causées par les conditions météorologiques extrêmes.


Comme l’a expliqué Sherrie O’Doyle, qui dirige l’approvisionnement durable à BMO, l’approvisionnement n’est pas seulement une stratégie pour réduire les émissions : c’est aussi une plateforme importante de collaboration et de partage des meilleures pratiques entre des entreprises de tailles et d’envergures variées, ainsi qu’un moyen pour elles de se démarquer de leurs concurrents. C’est également un moyen efficace de se protéger contre la hausse des coûts de l’énergie.


Nous prévoyons qu’en 2026, l’argument d’affaires en faveur de la résilience opérationnelle et de l’engagement des chaînes d’approvisionnement se renforcera par nécessité, à mesure que les parties prenantes chercheront à quantifier les avantages qui y sont associés. Un corpus croissant de meilleures pratiques soutiendra l’intégration continue d’actions liées au climat dans la stratégie d’entreprise.


La résilience comme impératif stratégique

Palm Tree-Lined Street Overlooking Los Angeles at Sunset

La résilience s’impose désormais comme un impératif stratégique pour les entreprises confrontées aux impacts d’un climat en mutation, à l’évolution des attentes des clients et des investisseurs, ainsi qu’à un environnement politique en transformation. Le balado Sustainability Leaders a exploré la façon dont les assureurs et les promoteurs s’adaptent aux risques météorologiques extrêmes. Comme Maryam Golnaraghi, directrice générale, Changements climatiques et environnement, à la Geneva Association, l’a souligné :  

« Au cours des trois dernières décennies, les pertes assurées ont représenté environ 30 % du total des pertes économiques découlant de la hausse des conditions météorologiques extrêmes. Sur cette même période, leur montant annuel moyen est passé d’environ 20 milliards de dollars à plus de 100 milliards. »


Cette évolution, souligne‑t‑elle, encourage les investissements visant à renforcer la résilience et à réduire ces risques. Par exemple, à Los Angeles, des entreprises en démarrage du secteur des technologies propres collaborent avec des organismes publics pour rebâtir les collectivités après les feux de forêt, démontrant ainsi comment l’innovation et la collaboration peuvent renforcer l’urbanisation et amplifier l’impact. Nous nous attendons à ce que ce changement se poursuive en 2026 et au-delà, alors que les gouvernements et d’autres parties prenantes cherchent à atténuer l’incidence croissante des catastrophes naturelles.


Regard vers l’avenir


Alors que nous nous tournons vers l’avenir, la convergence des innovations faisant les manchettes, des stratégies commerciales pragmatiques et de l’optimisme prudent façonne un avenir où l’action climatique est à la fois urgente et pleine de possibilités. L’année écoulée a montré que l’ambition peut favoriser le progrès, que les manchettes peuvent sensibiliser les gens et que l’espoir peut alimenter la résilience. Que ce soit grâce à des percées technologiques audacieuses, à l’adaptation axée sur les données ou à la collaboration intersectorielle, les leaders trouvent de nouvelles façons de s’épanouir dans un monde en rapide évolution. L’élan est réel : l’action climatique ne consiste plus seulement à gérer les risques, mais aussi à saisir les occasions et à bâtir un avenir plus durable, résilient et prospère.


Comment votre organisation s’adaptera-t-elle, innovera-t-elle et dirigera-t-elle au cours de l’année à venir?