La défense, la sécurité économique et les infrastructures essentielles constituent des priorités de plus en plus liées pour le Canada, et la satisfaction des besoins à venir nécessitera la collaboration des gouvernements, des chefs de file du secteur et des investisseurs. Le Canada cherche des moyens de mobiliser des capitaux privés afin de soutenir la croissance à long terme dans l’ensemble du pays.  

 

C’était l’objectif du Forum sur le financement de la défense de 2026 de BMO et de l’Institute of International Finance, qui a rassemblé des dirigeants du gouvernement, des finances, de la technologie et du secteur, à un moment où BMO met de plus en plus l’accent sur ce secteur.

  

Lors du Forum, Carrie Cook, chef mondiale, Banque d’affaires et services bancaires aux sociétés, BMO Marchés des capitaux, a animé une table ronde consacrée aux moyens de mobiliser des capitaux privés grâce à des structures de financement novatrices, des partenariats public-privé, des mécanismes de partage des risques et des approches de financement mixte.  

 

La défense signifie maintenant la résilience   

 

« Le débat sur les dépenses en matière de défense a radicalement changé. On ne parle plus uniquement de défense au sens traditionnel du terme, mais également de thèmes tels que la résilience, la sécurité économique et les infrastructures essentielles », a expliqué Mme Cook.


Selon les prévisions des économistes de BMO, l’engagement du Canada à consacrer 5 % du PIB aux priorités liées à la défense et à la sécurité devrait générer des retombées économiques annuelles d’environ 150 milliards de dollars d’ici 2035. « Les capitaux privés jouent un rôle important en ce qui a trait au financement », a déclaré Mme Cook.


Pour atteindre cet objectif, il faut que le gouvernement et les capitaux privés agissent de concert, a déclaré Doug Guzman, chef de la direction de l’Agence de l’investissement pour la défense. « Il s’agit de repérer les endroits dans le système où nous pouvons nous tourner vers nos amis et leur proposer de fixer le prix », a-t-il déclaré.


Les grands projets d’infrastructure complexes constituent une occasion à saisir pour les investisseurs et les exploitants chevronnés. Une grande partie de ces dépenses sera consacrée notamment aux infrastructures liées à l’IA, aux chemins de fer, aux aéroports et à l’électricité nécessaires au bon fonctionnement des bases militaires, a expliqué l’un des panélistes, ajoutant que les besoins en capitaux étaient considérables.

 

« Les besoins en capitaux sont colossaux, a-t-il déclaré. Jamais au cours de ma carrière je n’ai vu une telle occasion. »


Une demande stable, des processus d’approbation efficaces et une mise en œuvre rigoureuse seront essentiels pour transformer ces occasions en projets viables sur le plan financier.

 

Surmonter les obstacles à l’investissement   

 

Durant le Forum, les panélistes ont mis l’accent sur le caractère durable de certains projets, ainsi que sur les capacités et les compétences dans lesquelles le Canada devrait investir pour faire progresser ses objectifs.

 

Il faut donc tenir compte du fait que la mise en place d’une capacité de défense souveraine nécessite non seulement des ressources comme des sous-marins et des avions, mais aussi une main-d’œuvre qualifiée pour les exploiter et les entretenir, des minéraux essentiels aux projets aérospatiaux clés, ainsi que des plans d’approvisionnement prévisibles.

 

En ce qui a trait à l’approvisionnement, les panélistes ont souligné que plusieurs obstacles entravent le développement des capacités nationales de transformation des minéraux essentiels. Parmi celles-ci figurent la forte volatilité des prix sur les marchés des minéraux, les longues phases d’octroi de permis et de développement, ainsi que les problèmes liés à la coordination entre l’extraction, la transformation et la garantie de la demande.

 

La nécessité d’assurer la prévisibilité des approvisionnements a été un thème central de l’événement, les panélistes soulignant qu’elle était essentielle à la mise en œuvre de la stratégie du Canada.

 

Parmi les autres facteurs clés qui, selon les panélistes, détermineront la réussite à venir figurent la réalisation de projets financés par des fonds publics permettant un transfert complet vers des acteurs du secteur privé, le développement d’entreprises canadiennes capables de devenir des exportateurs de premier plan à l’échelle mondiale grâce à des solutions de calibre mondial, ainsi qu’une plus grande proportion des dépenses en défense dirigée vers des entreprises canadiennes.

 

Agir de concert  

 

Si les chefs de file du secteur ont été encouragés par la stratégie industrielle de défense du Canada, par l’engagement à accroître les dépenses et par le rythme des nouvelles initiatives, telles que le Programme de sous-marins canadiens de patrouille ou le projet de contrôle du système aéroporté de détection lointaine, ils souhaiteraient néanmoins bénéficier d’une plus grande certitude.

 

« En tant qu’entreprise, nous examinons où investir nos capitaux, où nous pouvons obtenir le meilleur rendement, et cette décision comporte une part de risque, a remarqué un représentant de l’une des entreprises présentes. C’est pourquoi la prévisibilité que peuvent offrir les organismes gouvernementaux – notamment leur capacité à agir rapidement – est essentielle pour nous. »  

 

Il était clair d’après tous que le nouvel enjeu du secteur réside dans la clarté à tous les niveaux.

 

Souveraineté en matière d’IA   

 

L’ordre du jour comprenait également une discussion sur le contrôle et la résilience face à la technologie. Les panélistes ont mentionné la nécessité de veiller à ce qu’il n’y ait aucune interruption des services, à ce que la capacité des centres de données soit évolutive et à ce que les obstacles auxquels font face les entreprises en démarrage soient éliminés.

 

Le Canada doit renforcer son contrôle opérationnel sur l’accès aux données et veiller à ce que les systèmes restent disponibles même en cas de perturbations géopolitiques – un objectif vers lequel les entreprises et le gouvernement s’efforcent de tendre.     

 

Le pays nécessite également un contrôle accru, et les panélistes ont indiqué qu’ils aimeraient que les gouvernements facilitent le processus pour les entreprises en démarrage fournissant des solutions. Ces entreprises doivent trop souvent composer avec des processus complexes d’approbation et de financement.

 

« Le Canada doit réfléchir à ses partenariats et à ce qu’il est judicieux de développer ici, au pays », ont déclaré les panélistes.  

 

L’importance de la diversité des expériences

 

Le général Wayne Eyre, ancien Chef d’état-major de la défense du Canada, a marqué le Forum en abordant non seulement les prochaines étapes pour le Canada, mais aussi l’importance de favoriser une culture où les idées sont remises en question, où la diversité des parcours est valorisée et où l’on évite la pensée de groupe.

  

« La diversité cognitive, qui découle d’expériences différentes, de différentes éducations et de façons différentes de voir le monde, offrira un éventail plus riche de solutions lorsque nous serons confrontés à des défis véritablement complexes d’un point de vue stratégique », a-t-il déclaré.

 

Cette diversité cognitive et cet éventail de solutions seront essentiels à la mise en œuvre de la nouvelle stratégie de défense du Canada et à la construction d’un pays plus résilient.