Le tout premier Sommet canadien de l’investissement, tenu à Toronto en septembre, a montré aux investisseurs mondiaux, aux sociétés multinationales et aux dirigeants institutionnels que le Canada est ouvert aux affaires. Alors que le sommet a permis de présenter une vision visant à accélérer les investissements, à éliminer les obstacles et à réaliser plus rapidement des projets d’envergure, les annonces politiques faites par Ottawa depuis l’événement ont permis de préciser la manière dont le gouvernement compte mettre en œuvre cette vision.


Pour présenter les principaux points à retenir du sommet et traiter des mesures qu’Ottawa a prises depuis, Scott Brison, vice-président, BMO Gestion de patrimoine, a organisé un événement en ligne intitulé « Sommet canadien de l’investissement : son importance pour les entreprises et les investisseurs », auquel ont été invitées les experts suivants :


  • checkmark icon

    Michael Gregory, économiste en chef délégué et premier directeur général, BMO

  • checkmark icon

    Viviane Croux, première vice-présidente et chef, Financement des grandes entreprises, Québec, BMO Entreprises


Ce balado est en anglais seulement.


M. Brison a ouvert la discussion en soulignant que l’envergure des récents changements apportés aux politiques témoigne de la volonté du premier ministre Mark Carney d’agir rapidement pour améliorer la productivité, stimuler les investissements et accélérer la mise en œuvre de grands projets de développement national qui peuvent libérer le potentiel à long terme du Canada.


« Le gouvernement s’est engagé à s’attaquer à certains enjeux de longue date auxquels fait face le Canada, comme la productivité, qui a été freinée par l’impossibilité d’obtenir certaines autorisations, a-t-il expliqué. D’importants changements apportés aux politiques ont montré au monde entier que le premier ministre Carney et son gouvernement, soit le Canada, sont ouverts aux affaires. »


Changements de politique visant à stimuler la croissance


L’une des principales mesures présentées par Ottawa et décrites lors du sommet a été la Méga déduction à la productivité, qui accordera la passation en charges immédiate à la plupart des investissements en capitaux. Contrairement à la déduction précédente, qui s’appliquait à environ 15 % des actifs d’investissement, le nouveau programme qui couvrira environ les deux tiers des dépenses en immobilisations des entreprises, a expliqué Michael Gregory.


En concentrant l’amortissement sur un an plutôt que de l’étaler sur plusieurs années, le gouvernement verra ses recettes diminuer. Mais il s’agit d’argent qui aurait été perçu au fil du temps de toute façon, a reconnu M. Gregory. « C’est un soutien important à la croissance », a-t-il dit.


Parmi les autres mesures prises, mentionnons l’engagement d’Ottawa à établir des règles fiscales précises pour les projets de plus d’un milliard de dollars, afin d’offrir aux investisseurs une vision plus claire des projets en question avant qu’ils y engagent des capitaux, ainsi que l’ouverture de quatre des principaux aéroports canadiens aux investissements privés.


Bien entendu, ces annonces font partie d’une stratégie plus large visant à accélérer la productivité et à stimuler le développement. La mesure législative phare est la Loi visant à bâtir un Canada fort. Dans ce que M. Gregory a qualifié de « mesure législative forte », le projet de loi codifie le plan d’Ottawa visant à coordonner le processus d’examen et à mener ces examens dans un délai d’un an.


Parmi les autres changements proposés dans le projet de loi figurent des modifications au Code canadien du travail visant à prévenir les conflits de travail dans des secteurs essentiels à l’économie ainsi que la mise en place de corridors commerciaux stratégiques afin de donner la priorité à certains projets de transport. Des mesures visent également à moderniser l’exploitation des ports.


Regain de confiance parmi les entreprises


« Le sommet a envoyé un signal fort en ce qui concerne la volonté du Canada de se montrer très compétitif et de mettre l’accent sur la croissance économique », a déclaré Viviane Croux, ajoutant que le changement d’orientation sur le plan politique suscite un grand enthousiasme.


« La Mégadéduction à la productivité change la donne, tout comme les décisions fiscales anticipées, a-t-elle souligné. La plupart des dirigeants d’entreprise anticipent déjà l’avenir à la lumière de ces annonces. »


M. Gregory partage ce sentiment. « Des mesures plus importantes ont probablement été prises sur le plan des politiques pour améliorer concrètement le climat d’investissement au Canada, a-t-il admis. Elles peuvent vraiment donner un regain de confiance au marché et aider les parties prenantes à prendre des décisions, voire finalement les convaincre à faire des investissements. »


« Alors que les sociétés préfèrent garder une certaine souplesse financière en raison de l’incertitude économique, ces récentes annonces suscitent un regain d’intérêt pour la croissance dans tous les secteurs de l’économie », a ajouté Mme Croux.


« Comme les dirigeants d’entreprise réévaluent leurs plans de croissance pour tirer parti des investissements annoncés, il est logique qu’ils réfléchissent à la façon de positionner leurs entreprises pour attirer une partie des capitaux qui devraient être investis au Canada.


De la politique à l’action


Pour clore la discussion, M. Gregory a souligné que le changement de politique au Canada incite encore plus les entreprises et les investisseurs à déployer rapidement des capitaux. « D’ici au deuxième Sommet canadien de l’investissement dans un an, je crois que l’engouement à l’égard du Canada sera encore plus grand. »


Pour M. Brison, le moment ne pourrait pas être mieux choisi. « Certains affirment qu’il s’agit de l’une des mesures législatives les plus importantes sur le plan économique que nous ayons connues depuis longtemps au Canada, a-t-il observé. Nous faisons à nouveau preuve d’ambition. C’est réjouissant. »