Le Canada possède bon nombre des atouts nécessaires pour attirer les investissements. Le défi consiste à transformer les possibilités en croissance, alors que le monde traverse une période de réorganisation géopolitique et de changements technologiques rapides. C’était le thème central de la discussion informelle intitulée « Le Canada et le monde, à l’avant-garde d’une ère de transformation », à laquelle ont participé le chef de la direction de BMO, Darryl White et l’honorable Brian Tobin, vice-président du conseil, BMO, dans le cadre de la 20e édition annuelle du Toronto Global Forum, organisé par le Forum économique international des Amériques (FEIA).


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Lors de sa dernière intervention il y a un an, M. White avait déclaré que le climat d’investissement au Canada n’était pas optimal, soulignant l’attitude générale du pays envers les gestionnaires de fonds ainsi que ses politiques fiscales et son contexte réglementaire peu concurrentiel. Beaucoup de choses ont changé depuis. Au cours des derniers mois, le Canada a mis en place une série de mesures politiques et fiscales visant à attirer les investissements, a consacré d’importantes ressources au développement d’une industrie de la défense nationale et a organisé le tout premier Sommet canadien de l’investissement afin de promouvoir le pays auprès des chefs d’entreprise du monde entier.


M. Tobin, qui est également président du conseil consultatif du Toronto Global Forum, a entamé la conversation en demandant à M. White de donner son point de vue sur la situation actuelle du Canada.


Prêts pour les affaires


M. White a reconnu que le Canada avait connu des changements importants à plusieurs égards, décrivant l’approche du gouvernement en matière d’affaires et d’investissement comme un revirement de près de 180 degrés par rapport à la situation d’il y a un an. M. White a souligné que les nouvelles mesures relatives à la déduction pour amortissement accéléré constituaient sans doute l’exemple le plus frappant de ce changement de ton et de mentalité.


Il reste toutefois encore du travail à faire. « Il y a eu quelques progrès, remarque-t-il. Je le reconnais. Mais j’estime que nous devons mener à bien nos projets plus rapidement. Le capital dont nous parlons a soif de certitude. »


Il voit néanmoins d’importantes possibilités au pays en ce moment. Dans l’ensemble, le Canada continue de bénéficier d’avantages considérables, tels que des ressources abondantes, de l’énergie, des minéraux essentiels et des talents, soutenus par un solide système d’éducation et un vaste réseau d’accords commerciaux.


Investir dans la défense


Comme l’a souligné M. Tobin, l’engagement récent d BMO à mobiliser jusqu’à 70 milliards de dollars de nouveaux capitaux au cours de la prochaine décennie dans des secteurs tels que les infrastructures énergétiques, le transport d’électricité, l’IA, les minéraux essentiels, la distribution et le transport à grande échelle, ainsi que la défense, témoigne clairement de la confiance que BMO accorde au Canada.


Le secteur de la défense occupe une place particulière au sein de l’entreprise depuis longtemps, a expliqué M. White, soulignant que BMO est la banque officielle de la communauté canadienne de la défense depuis 2008. Son engagement envers ce secteur ne cesse de se renforcer, comme en témoigne l’annonce récente de la nomination de Mike Bonner au poste de président, Secteur de la défense canadienne.


L’intérêt croissant de BMO pour le secteur de la défense fait suite à l’engagement pris par le gouvernement fédéral d’augmenter les dépenses dans ce secteur pour les porter à 5 % du PIB d’ici 2035. M. Tobin a souligné l’ampleur des investissements prévus par le Canada dans le domaine de la défense ainsi que l’objectif du gouvernement d’offrir davantage de possibilités aux entreprises canadiennes.


« C’est l’une des occasions les plus importantes que nous ayons vues depuis très longtemps », a affirmé M. White. L’accent sera principalement mis sur la mobilisation des entreprises en phase intermédiaire, dont certaines n’existent même pas encore. Il a ajouté que BMO jouera un rôle clé pour aider ces entreprises à croître, depuis leurs débuts jusqu’à leur maturité.


Que deviendront les relations entre le Canada et les États-Unis?


Malgré les tensions commerciales actuelles, M. White demeure optimiste quant à l’avenir des relations entre les deux pays.


Même s’il s’attend à ce que le Canada et les États-Unis conservent une chaîne d’approvisionnement intégrée et une interdépendance économique, cela pourrait prendre du temps.


Toutefois, quel que soit l’accord conclu entre les deux pays, M. White a déclaré que personne ne devrait supposer que les relations entre le Canada et les États-Unis reviendront à ce qu’elles étaient il y a deux ans. D’après lui, certains changements dans les relations commerciales pourraient être permanents, même si la plupart des clients avec lesquels il s’entretient se sont bien adaptés en réorganisant leurs chaînes d’approvisionnement.


Il a souligné que la diversification des échanges commerciaux ne devait pas minimiser l’importance des relations entre le Canada et les États-Unis. Le Canada devrait continuer à entretenir des relations mutuellement avantageuses avec son voisin du sud, tout en diversifiant ses échanges commerciaux.


« À long terme, je reste profondément optimiste quant à ce que j’ai déjà appelé “l’avantage nord-américain”, tout en reconnaissant que nous devons traverser cette période de transition », explique-t-il.