Les entreprises cherchaient autrefois à réaliser des gains d’efficacité et à mettre en place des chaînes d’approvisionnement intégrées. Aujourd’hui, les dirigeants doivent prendre des décisions d’investissement à long terme dans un contexte où les conditions peuvent évoluer rapidement. Les tensions géopolitiques, la hausse des taux et les progrès de l’intelligence artificielle influencent la façon dont les entreprises investissent, exercent leurs activités et demeurent compétitives.
« Les nouvelles règles de l’économie mondiale », une table ronde présentée dans le cadre du 20e Toronto Global Forum, organisée par le Forum économique international des Amériques, s’est penchée sur la façon dont les entreprises et les investisseurs peuvent composer avec ces changements.
Animée par Jon Erlichman, collaborateur de BNN Bloomberg et animateur de Ticker Take, la discussion réunissait :

Alan Tannenbaum, chef de la direction et chef, BMO Marchés des capitaux

Daniel Gamba, coprésident et chef des affaires commerciales, Franklin Templeton

Antoine Flamarion, cofondateur et cochef de la direction, Tikehau Capital

Sherri Rossoff, première directrice générale, chef de l’exploitation et conseillère générale, RockCreek
Écoutez un épisode du balado Market Plus inspiré des observations tirées de la discussion :
Voici les principaux points à retenir de la discussion.
Se préparer à différents scénarios
Face au réalignement géopolitique, aux progrès rapides de l’IA et à la convergence croissante des marchés publics et privés, les stratégies des entreprises doivent constamment évoluer. Selon Alan Tannenbaum, de BMO, l’accélération du changement oblige les dirigeants à tenir compte à la fois des perturbations immédiates et des tendances à long terme qui façonnent leur industrie.
« Il est devenu de plus en plus essentiel de pouvoir réfléchir simultanément à court, à moyen et à long terme, et de planifier en conséquence tout au long du cycle », a-t-il déclaré.
Par exemple, l’incertitude à court terme sur les marchés peut avoir une incidence sur les décisions de financement et de transaction, même lorsque les perspectives à long terme demeurent favorables. Le défi consiste à se préparer à différents scénarios afin que les entreprises puissent continuer d’avancer à mesure que la situation évolue. « Le changement est la nouvelle réalité; le changement est la seule constante », a déclaré Alan Tannenbaum. « C’est le monde dans lequel nous vivons maintenant. »
Il a expliqué que, puisque le coût du capital influe tant sur les emprunts que sur les activités de fusion et d’acquisition, les discussions d’affaires doivent également envisager l’éventualité d’une évolution inattendue des marchés.
« Comment pouvons-nous vous aider à vous préparer à différents scénarios? », a-t-il demandé. « Comment pouvons-nous examiner l’ensemble des scénarios possibles? »
Explorer les occasions liées à l’IA
Les progrès de l’IA continuent d’entraîner d’importants changements dans l’économie mondiale. Alan Tannenbaum se montre optimiste quant au fait que les investissements dans les infrastructures visant à soutenir la croissance rapide de l’IA pourraient favoriser une adoption plus large des solutions connexes par les entreprises. Par ailleurs, le déploiement actuel de ces infrastructures fait intervenir des entreprises présentant différents profils de risque. Par exemple, les entreprises d’ingénierie et de construction qui bâtissent des centres de données, les entreprises énergétiques qui fournissent l’électricité et les développeurs qui créent des modèles d’IA s’inscrivent tous dans une même tendance générale, mais présentent des niveaux d’exposition différents.
Pour les banques et les investisseurs, il est essentiel de faire preuve de rigueur dans le choix des partenaires et la gestion des risques. Selon Alan Tannenbaum, de plus en plus d’entreprises cherchent à déterminer comment intégrer l’IA à leurs activités afin de stimuler leur croissance et d’accroître leurs marges.
« Chaque entreprise déploie ces outils et utilise cette technologie d’une manière qui, au bout du compte, favorisera l’utilisation de toutes les infrastructures mises en place », a déclaré Alan Tannenbaum.
Daniel Gamba convient que la façon dont les entreprises mettent l’IA à profit représente une occasion importante. Il a notamment souligné ses applications dans les secteurs de la biotechnologie, de l’industrie pharmaceutique et de l’aérospatiale, entre autres, tout en insistant sur la nécessité, pour les investisseurs, d’examiner attentivement si les entreprises transforment leur façon d’exercer leurs activités et de servir leurs clients. Selon lui, les prochains gagnants seront les entreprises qui « commenceront à appliquer la technologie pour offrir des avantages concrets ».
Renforcer la résilience et saisir les occasions
Au-delà des avancées technologiques, l’incertitude géopolitique est désormais un facteur important qui influe sur les décisions d’affaires et d’investissement, a déclaré Alan Tannenbaum. Il y a quelques années, il aurait été difficile d’anticiper l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada et le conflit prolongé au Moyen-Orient. Pourtant, ces bouleversements géopolitiques ont forcé les entreprises à s’adapter plus rapidement.
« La période d’ajustement s’est considérablement raccourcie », a-t-il déclaré. « Les marchés s’adaptent. Les prix s’ajustent. Les attentes en matière de rendement évoluent. »
Le Canada offre un exemple concret de la façon d’aller de l’avant. Alan Tannenbaum a souligné le regain d’optimisme à l’égard des investissements au Canada, notamment en raison des occasions d’investir dans des infrastructures et des ressources énergétiques essentielles. Il a ajouté que de nombreux clients de BMO sont bien placés pour tirer parti de cette activité.
« Nous voyons des clients qui vont prospérer grâce à ces occasions », a-t-il déclaré.