Alors que le Canada cherche à renforcer sa compétitivité et à attirer davantage d’investissements, les projets proposés à Churchill Falls et à Gull Island illustrent l’ampleur des initiatives susceptibles de renforcer le potentiel de croissance à long terme du pays. 

 

En août 2026, un nouvel accord a été annoncé avec Terre-Neuve-et-Labrador, le Québec et le gouvernement du Canada en vue de développer les projets de Churchill Falls et de Gull Island, ainsi que d’autres projets liés à l’énergie et au transport d’électricité au Labrador, notamment dans le domaine de l’éolien.  

 

Cette annonce prévoyait une aide financière et des investissements fédéraux pouvant atteindre 10 milliards de dollars. L’ensemble plus vaste des projets proposés en matière de production et de transport d’électricité est évalué à près de 70 milliards de dollars et a été qualifié par le gouvernement fédéral de plus vaste investissement dans l’énergie propre de l’histoire de l’Amérique du Nord. 

 

L’entente prévoit la modernisation de la centrale électrique de Churchill Falls, la réalisation du projet hydroélectrique proposé de Gull Island d’une puissance de 2 700 mégawatts, la mise en place de nouvelles infrastructures de transport d’électricité ainsi que la réalisation d’un projet éolien proposé d’une puissance de 2 000 mégawatts. Ensemble, les travaux de modernisation prévus à Churchill Falls et ceux de Gull Island permettraient d’augmenter la capacité hydroélectrique d’environ 4 000 mégawatts. 

 

Les possibilités offertes par cet investissement, ainsi que les mesures que le Canada peut prendre pour répondre à la demande croissante en électricité propre, ont été au cœur d’une discussion lors de la 20e édition du Toronto Global Forum, organisé par le Forum économique international des Amériques (IEFA). La séance « Canada’s Power Advantage: Energy for a New Industrial Era » a mis en vedette David Dal Bello, premier directeur général et cochef mondial de Services publics et infrastructure, BMO Marchés des capitaux, ainsi que Jennifer Williams, présidente et chef de la direction de Newfoundland and Labrador Hydro.  

 

Répondre à la demande 


Comme l’a déclaré Dal Bello en marge du Forum, Churchill Falls est précisément le genre de projet que vise l’engagement de BMO à mobiliser jusqu’à 70 milliards de dollars de capitaux pour soutenir les secteurs économiques essentiels au cours des dix prochaines années. 

 

Ce projet d’envergure constitue l’un des plus importants investissements dans le domaine de l’énergie propre en Amérique du Nord. Selon Mme Williams, une grande partie de cet investissement servira à financer la modernisation et l’agrandissement de la centrale de Churchill Falls, ainsi que la réalisation du projet hydroélectrique de Gull Island, situé sur la rivière Churchill, entre Churchill Falls et Muskrat Falls. Une fois achevé, le projet permettra d’augmenter la capacité d’environ 4 000 mégawatts, selon Mme Williams. En plus de cette expansion, Newfoundland and Labrador Hydro mène actuellement une étude de faisabilité visant à évaluer la possibilité de produire 2 000 mégawatts d’énergie éolienne. 

 

« Ce projet créera de nombreuses occasions dans la région, dont l’approvisionnement en électricité des mines et le soutien aux nouvelles mines de minéraux critiques », a déclaré Mme Williams. Cette expansion profitera également au Québec, qui sera l’un des principaux participants au projet et qui a également signé une entente à long terme pour l’achat d’électricité ainsi produite. 

 

Mme Williams a souligné qu’avant de signer l’entente avec le Québec, la province avait soigneusement évalué ses propres besoins locaux en électricité avant de déterminer ce qu’elle pouvait exporter. 

 

« Nous pourrons exploiter d’énormes ressources énergétiques, ce qui sera formidable pour notre province, mais le Québec disposera évidemment lui aussi d’un accès important à ces ressources pour son propre développement économique, a-t-elle déclaré. Lorsque nos deux provinces disposeront de tout ce potentiel, cela créera d’importantes possibilités économiques, tant directes qu’indirectes, pour l’ensemble de la région. » 

 

Mme Williams a déclaré que Newfoundland and Labrador Hydro et ses partenaires avaient commencé, il y a plus d’une décennie, à jeter les bases d’une entente sur l’impact et les avantages avec les communautés autochtones et locales. Elle a ajouté que des travaux sont en cours pour élaborer une stratégie d’approvisionnement visant à maximiser les retombées régionales. 

 

L’avantage énergétique du Canada 


Afin de consolider l’avantage énergétique du Canada, M. Dal Bello a demandé à Mme Williams ce que les gouvernements, les services publics et le secteur pouvaient faire pour tirer parti des abondantes ressources en énergie propre du pays. 

 

Elle a répondu qu’il n’y avait pas de temps à perdre, d’autant plus que le monde est à la recherche d’énergie propre et que le développement de ces installations peut prendre du temps. « Le fait que ces actifs ne soient pas mis en valeur ne constitue pas un avantage, a-t-elle déclaré. Nous disposons de la capacité nécessaire, et si c’est ce que le monde recherche, je suis tout à fait prête à passer à l’action. »