Aux États-Unis, les actions cycliques et de qualité devraient profiter d’un contexte de marché idéal pour la sélection d’actions, alors que le durcissement du ton de la Réserve fédérale, la hausse des prix du pétrole et l’évolution démographique redessinent le paysage.
À la suite du discours d’ouverture de Carrie Cook, chef mondiale, Banque d’affaires et services bancaires aux sociétés, BMO Marchés des capitaux, lors de son allocution à la 21e conférence annuelle de sur les marchés agricoles et les produits chimiques de BMO, François Trahan, stratège en chef, Placements, BMO Marchés des capitaux, a expliqué les raisons pour lesquelles l’inflation devrait s’accélérer plus rapidement que lors des reprises précédentes et a présenté les principaux thèmes macroéconomiques qui marqueront l’année 2026.
Voici cinq observations clés tirées de sa présentation :
L’économie américaine est de plus en plus inflationniste
M. Trahan a ouvert son discours en déclarant que presque toutes les perspectives laissaient présager une hausse de l’inflation, ce qui aura des répercussions importantes sur l’économie et les marchés. Les dynamiques inhabituelles du marché de l’emploi contribuent à ce défi. Au cours des 15 dernières années, les baby-boomers qui prennent leur retraite ont réduit la main-d’œuvre, ce qui a contribué au resserrement du marché de l’emploi. Parallèlement, de fortes mesures de relance budgétaires et monétaires sont en cours, y compris des dépenses en infrastructures liées à la fabrication et à la construction privées, et des fonds sont injectés dans les technologies et les centres de données. Ces mesures de relance accentuent les pressions à la hausse sur les prix.
En temps normal, de telles mesures seraient prises à la suite d’une récession, mais, comme les États-Unis ont évité ce scénario, les capacités excédentaires disponibles pour soutenir la croissance économique sans alimenter l’inflation sont limitées. « L’inflation va revenir plus vite que ce à quoi nous étions habitués par le passé », a-t-il déclaré.
L’IA n’aura probablement pas d’incidence importante sur le marché du travail cette année
Le contre-argument commun aux préoccupations du marché de l’emploi est que l’IA pourrait stimuler la productivité suffisamment pour réduire la pression sur les salaires. M. Trahan s’attend à ce que l’IA soit une force désinflationniste à long terme, mais l’adoption est encore trop limitée pour changer les choses en 2026.
Il a insisté sur le rôle des petites entreprises dans l’emploi aux États-Unis et a ajouté que l’adoption de l’IA demeure relativement limitée dans ce segment. Il a comparé le rythme de l’adoption de l’IA aux premières années d’Internet. « Nous avons connu une dynamique semblable dans les années 1990, a-t-il déclaré. Ce n’est pas comme si tout le monde s’était précipité pour construire un site Web en 1993. Certaines entreprises ont pris une décennie pour le faire. »
Le pétrole pourrait ajouter à la pression inflationniste
Si les prix du pétrole ont clôturé l’année à environ 80 $ US le baril, comme l’anticipait Randy Ollenberger de BMO, M. Trahan a déclaré que l’IPC global aux États-Unis pourrait avoisiner 5 % d’ici la fin de l’année. L’énergie représente environ 7 % du panier de l’IPC, mais sa volatilité a un effet démesuré sur l’indice. Le risque le plus important réside dans la répercussion sur l’inflation de base, car il faut environ six mois pour que les coûts de l’énergie se répercutent sur les intrants, la production et le transport. Cela fait du pétrole un facteur aggravant de l’inflation et constituera un thème majeur en 2026, a-t-il déclaré.
La Fed signale un changement de ton
Malgré les pressions considérables exercées sur la Fed pour qu’elle abaisse ses taux, M. Trahan a déclaré que le ton au sein de la banque centrale avait commencé à se durcir, et ce, avant même que les prix du pétrole ne remontent en raison du conflit au Moyen-Orient. M. Trahan a fait remarquer que les données sur l’inflation au début de l’année avaient été plus élevées que prévu, notamment en raison des récentes données sur les prix à la production qui ont dépassé les attentes.
Compte tenu du resserrement des marchés de l’emploi et de la pression supplémentaire exercée par les prix de l’énergie, le débat sur les politiques monétaires évolue vers une hausse marginale des taux. La Fed agit rarement rapidement, de sorte qu’il est peu probable qu’elle hausse les taux cette année, mais le débat a changé. « Selon les renseignements dont nous disposons aujourd’hui, la prochaine décision sera probablement une hausse », a-t-il déclaré.
La sélection des titres retrouve toute son importance
Le marché récompense les actions cycliques depuis la période de publication des résultats, ce qui donne à penser que les investisseurs s’attendent toujours à une croissance économique. La hausse de l’inflation tend à comprimer les ratios cours-bénéfice des actions de croissance, ce qui pourrait mettre cette partie du marché sous pression, a déclaré M. Trahan. Les actions cycliques se sont historiquement mieux comportées en période d’inflation en raison de leur pouvoir de fixation des prix et de leur sensibilité à l’économie. Selon M. Trahan, les titres cycliques de qualité conviennent mieux au contexte de soutien économique et de risque d’inflation.
L’interaction entre la cyclicité, la qualité et l’inflation est prête à définir les forces qui façonnent le contexte de marché futur.